L'oeuf jeté à Panafieu était politique

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A la lecture de la qualification des faits reprochés à Jacques Deroo, la salle explose de rire et le président du tribunal lui-même a du mal à se retenir. Pour avoir écrasé un oeuf sur la joue de la députée-maire du 17e, Françoise de Panafieu, le 26 mars, lors d'une visite de campagne, Jacques Deroo devait répondre hier au Palais de Justice de Paris de « violence avec une arme, à savoir un oeuf ».

Françoise de Panafieu, absente, n'a pas porté plainte. C'est en effet le parquet qui a décidé de poursuivre l'auteur du livre Salauds de pauvres, connu pour son combat en faveur des SDF. Pour l'avocat de Jacques Deroo, Me David Marais, il s'agit donc de « poursuites politiques ».

« Politique », c'est aussi l'adjectif que choisit l'écrivain pour qualifier son acte. « J'ai envoyé un courrier à Madame de Panafieu quand elle a annoncé sa candidature à la Mairie de Paris, pour connaître ses projets pour les plus pauvres. Elle n'a pas répondu. Ensuite, elle vient avec des journalistes, dans la cité Curial (19e) où j'habite, faire de la politique spectacle. J'ai poursuivi le spectacle. Aujourd'hui, c'est le seul moyen de se faire entendre. » Autrement dit, on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs.

Le tribunal renonce à voir en l'oeuf une « arme » mais maintient la « violence morale » des faits. Mille euros d'amende sont requis. Jacques Deroo n'écopera toutefois que de cent euros avec sursis. Soit, selon lui, « un jugement mi-figue, mi-raisin ».

Michaël Hajdenberg

Le tribunal a écarté la circonstance aggravante de violence « sur une personne chargée d'une mission de service public », Françoise de Panafieu s'étant déplacée comme candidate, et non en tant que députée-maire.