Paris des chefs: Cuisine et arts dialoguent en live

LOISIRS Le Paris des chefs propose jusqu'à mardi des démonstrations par des duos cuisinier-artiste...

Oihana Gabriel

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Hier, le chef Bertrand Grébaut et le graphiste Thomas Jumin ont élaboré trois assiettes.
Hier, le chef Bertrand Grébaut et le graphiste Thomas Jumin ont élaboré trois assiettes. — V. WARTNER / 20 MINUTES

«Je vous présente le cœur de cheval.» Hier, premier jour du Paris des chefs, Bertrand Grébaut, patron du restaurant Septime (11e) depuis neuf mois et son ami graphiste Thomas Jumin ont présenté trois plats inventifs conçus à deux.

Assiettes monochromes

Jusqu'à mardi, huit duos réunissant un chef et un artiste (peintre, comédien) se relaieront sur la scène de la Maison de la mutualité pour souligner les liens entre ces créations.

Aujourd'hui, les acteurs François Berléand et Carole Bouquet se frotteront à la cuisine et demain, le chef Alain Passart dialoguera avec Guillaume Gallienne. Hier, Thomas Jumin et Bertrand Grébaut ont exécuté leur démonstration sans difficulté, puisqu'ils ont étudié le graphisme ensemble et Thomas vient régulièrement manger au Septime, qui lui doit son identité visuelle.

L'esthétisme dans l'assiette

«On voulait insister sur la couleur et la texture, importants pour nos métiers, souligne Thomas Jumin. On choisit tous les deux les matières premières méticuleusement: les produits et les producteurs pour lui, pour moi la photo, la typographie…» L'esthétisme dans l'assiette est en vogue. Mais pour Bertrand, «le goût et la gourmandise passent avant. Un chef n'est pas un artiste. Le choix des ingrédients peut venir de leur couleur, c'est rigolo de voir que la betterave se marie bien avec la framboise, l'avocat avec le citron vert, mais la forme ne doit pas dicter l'assiette.»

Sur scène, le goût de ce binôme pour les assiettes monochromes ressort. Pendant trois quarts d'heure, le duo explique comment il élabore un plat jaune (oursin, jaune d'œuf, clémentine, courge), une assiette verte (poireaux, pesto de roquette) et un cœur de cheval entouré de produits rouges (chicorée, crème d'anchois). «On a l'habitude des études théoriques sur les liens entre cuisine et art, raconte Agathe, une spectatrice étudiante en master de gastronomie. Mais ces démonstrations, c'est comme un concert !»