Pascal Cherki : « Ouvrir les stades pendant les vacances et les week-ends »

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Interview de Pascal Cherki, adjoint aux Sports à Paris.

Malgré les efforts consentis, l'accès des Parisiens au sport semble toujours compliqué...

La principale difficulté tient au fait qu'il n'y a pas assez d'équipements. Nous avons fait beaucoup d'efforts, le budget d'investissements qui leur est consacré a doublé d'une mandature à l'autre, en passant de 20,5 millions d'euros par an à 41,4 millions, mais on a des vrais problèmes de surface, qui sont liés au coût du foncier.

Comment contourner cette difficulté ?

On va essayer de multiplier les espaces dédiés. Il y a un lieu dans un immeuble ? On en fait une salle d'escrime, ou un dojo [pour les arts martiaux]. Reste que 2 000 clubs utilisent ces infrastructures. Il faut donc réorganiser, les pousser à se regrouper, ce qui leur donnerait une plus grande viabilité, mais c'est un grand chantier. Faire fusionner deux clubs, c'est plus compliqué que faire fusionner deux partis politiques !

Certains équipements prennent pourtant peu d'espace, comme les playgrounds, qui restent peu nombreux...

On en a construit, tout comme des rollers-parks en libre accès, des murs d'escalade. Mais on manque de lieux. Il faudrait songer aux parcs et jardins et ne pas les considérer comme des réserves naturelles.

Beaucoup de jeunes ne sont-ils pas du coup exclus des infrastructures ?

Il y a à Paris beaucoup d'associations, notamment de foot, et c'est rarement l'argent qui empêche de s'y inscrire. Et il n'est pas non plus question de retirer des créneaux pour les scolaires. Pendant des années, le service public du sport n'existait pas. Nous l'avons mis en place, avec des éducateurs qui initient des projets dans une douzaine d'équipements, et des créneaux pour les jeunes. On avance petit à petit, on va essayer d'ouvrir de plus en plus les stades les week-ends et pendant les petites vacances scolaires, avec l'encadrement nécessaire. On a à présent les fondements d'un service public. Il faut l'amplifier.

Recueilli par Michaël Hajdenberg