Maternité en crise à Saint-Maurice

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Ce devait être une visite détendue. Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, venu poser la première pierre de la future maternité de l'hôpital national de Saint-Maurice (Val-de-Marne) s'est fait accueillir vertement par les auxiliaires de puériculture de l'hôpital Esquirol de Saint-Maurice, qui doit emménager dans ces nouveaux locaux en 2007. En grève depuis neuf jours, les auxiliaires protestent contre les « conditions budgétaires désastreuses » de la maternité et du service psychiatrique.

Mercredi dernier, le budget 2006 de l'hôpital Esquirol avait été rejeté par le conseil d'administration, présidé par Pénélope Komitès, également adjointe au maire de Paris en charge des Handicapés. « Il manque 1,7 million d'euros, explique-t-elle. Je n'ai pas vu arriver le moindre kopek du plan de santé mentale. » « Certains services de psychiatrie tournent avec deux infirmières pour vingt-cinq patients », renchérit Alain Acquard, délégué SUD-Santé. Les auxiliaires de puériculture protestent contre la baisse des effectifs. « On passe moins de temps avec les mamans, trois jours en général », témoigne Isabelle Denis, gréviste.

Des réquisitions ont été mises en oeuvre, et les soins ne sont pas affectés. La direction de l'hôpital estime que les effectifs avaient trop augmenté ces dernières années, alors que le nombre d'accouchements (1 815 en 2005) baisse. La nouvelle maternité aura une capacité de 2 500 accouchements par an. « Si l'on montre qu'on est prêt à augmenter l'activité, nous aurons de nouveaux moyens », justifie le directeur, Denis Fréchou. En attendant, sa priorité reste d'« assurer l'équilibre budgétaire ».

Sophie Caillat

Selon le directeur de l'hôpital, le Val-de-Marne connaît un déficit de naissances : c'est le seul département d'Ile-de-France où 10 % des femmes vont accoucher ailleurs, faute de capacité d'accueil dans les maternités.