la sncf fait la chasse aux lapins

Cécile Rabeux

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Les lapins de garenne qui vivent aux abords des voies ferrées sont chassés au furet pour prévenir les dégradations.
Les lapins de garenne qui vivent aux abords des voies ferrées sont chassés au furet pour prévenir les dégradations. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Fusil à l'épaule, casquette et gilet orange, William Hup parcourt les abords de la voie ferrée près de Montereau (77). Il est le garde-chasse de la SNCF et a pour mission de prévenir les dégâts causés par les animaux qui vivent près des lignes. Le poste a été créé il y a trois ans et proposé à ce chasseur passionné, qui travaille dans la société depuis 21 ans. Il est en charge de 700 km de lignes. « Ici c'est une zone sinistrée par les lapins de garenne, il y a des terriers partout », explique-t-il.
Les nombreuses galeries fragilisent les voies et les talus qui les bordent. Elles abîment également les câbles qui courent sous terre. « Nous n'enlevons même pas un quart de la population », souligne le chasseur.
Chaque jour, il parcourt une portion différente de terrain et passe deux à trois fois au même endroit dans la saison. Pour s'occuper des lapins, William Hup travaille avec trois chasseurs bénévoles, toujours les mêmes. Accompagné par Vidocq, son chien, il part en tête pour faire rentrer les animaux dans leur terrier. Puis des furets sont envoyés dans les galeries pour faire sortir les lapins. En période de chasse, ils sont ensuite tirés au fusil. D'autres animaux posent problème. C'est le cas des blaireaux qui sont aussi présents près de Montereau. « Ce sont de gros terrassiers, poursuit le chasseur. Ils peuvent remuer une vingtaine de tonnes de terre par an. S'il y a une grosse pluie, cela crée un risque d'affaissement. » Pour ces animaux, la technique est différente. Ils sont sortis de leurs terriers par des chiens, puis les trous sont comblés avec du mortier. Un grillage est ensuite posé sur les talus pour les empêcher de revenir.
Les dégradations ont également des conséquences financières pour la SNCF qui a dû verser 123 000 € d'indemnisation l'année dernière. « Si les lapins de garenne sont sur votre propriété, vous êtes responsable des dégâts qu'ils causent », précise le garde-chasse. Des animaux plus gros, comme des sangliers ou des cervidés peuvent aussi heurter les trains. « En dessous de 50 kg, il y a peu de risque qu'une collision arrête la circulation », explique William Hup. En 2011 en Ile-de-France, il y a eu près de 100 heurts d'animaux. Cela a entraîné le retard ou l'annulation de 516 trains et 116 heures ont été perdues.