C'est aux Franciliens de s'exprimer

Hélène Colau

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En 2012, place à la consultation des usagers. Cette semaine ont commencé deux enquêtes publiques, sur le prolongement de la ligne 14 de Saint-Lazare à Mairie-de-Saint-Ouen (1), qui doit désaturer la ligne 13, et sur le prolongement du RER E en direction de Mantes-la-Jolie. La semaine dernière s'ouvrait celle sur la ligne 4, qui doit descendre jusqu'à Bagneux. Dans six jours, ce sera le tour de la concertation sur l'avenir de la navette fluviale Voguéo. Et ce n'est qu'un début : cette année, les Franciliens seront amenés à s'exprimer sur une dizaine d'autres projets de modification du réseau de transports en commun (voir carte).
La plupart des tracés et des nouvelles stations sont pourtant déjà arrêtés. Quel est alors le poids des citoyens consultés ? Pendant un mois, leur avis va être recueilli par un commissaire enquêteur dans les mairies (2). Des registres y seront également déposés. Toutes les propositions seront étudiées, affirme le Stif, l'autorité organisatrice des transports. « Il est vrai qu'il y a une plus grande marge de manœuvre au stade de la concertation, reconnaît le Stif. C'est là qu'a été validée la station Pont-Cardinet sur la ligne 14. C'est encore plus vrai pour les lignes de bus, on peut par exemple décider de déplacer un arrêt pour mieux desservir un commerce. » Au moment de l'enquête publique, les modifications deviennent plus difficiles. Mais pas impossibles : il a été décidé à ce stade de déplacer la station Mairie-de-Montrouge d'une centaine de mètres.
La marge de manœuvre est faible, mais bien réelle. La communauté de communes de la boucle de la Seine (Yvelines) ne s'y est pas trompée. Elle a lancé cette semaine une mobilisation pour obtenir une station du RER E sur son territoire. « Je n'ai pas le sentiment qu'on nous ait beaucoup entendus jusque-là, regrette le président (UMP) de la CCBS, Christian Murez. C'est pour cela qu'on monte la voix. On a déjà recueilli 1 150 signatures à apporter au commissaire enquêteur. L'enquête publique est notre dernière chance d'obtenir gain de cause. » Rendez-vous dans un mois, même si selon le Stif, « il est peut-être un peu tard pour un aussi gros changement ».