« Une campagne de proximité »Le logement, priorité 2012

Recueilli par Oihana Gabriel

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Jean-Paul Huchon a présenté ses vœux jeudi dernier en compagnie de ses vice-présidents de l'Ile-de-France.
Jean-Paul Huchon a présenté ses vœux jeudi dernier en compagnie de ses vice-présidents de l'Ile-de-France. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Proximité, chantiers et rock'n'roll. Jean-Paul Huchon (PS), président de la région Ile-de-France, détaille ses attentes et intuitions pour 2012.

Que pensez-vous de ce début

de campagne présidentielle ?
Il y a un vrai désir de changement. Le léger décrochage de François Hollande dans les sondages s'explique par un renforcement des petits candidats. Il fait une campagne au plus près des soucis des Français et des Franciliens. Il a raison de faire ce travail de proximité auprès des gens, avec sourire, convivialité et empathie. Du côté de la droite, ils ont choisi une campagne dure, dans laquelle l'invective n'est jamais loin. Cela montre un certain affolement. Et conforte la stratégie du PS avec une position audacieuse mais raisonnable, de chiffrage des mesures. C'est difficile pour nous d'avoir un adversaire qui fait des propositions tous azimuts, même quand il sait qu'elles n'ont aucune chance d'aboutir, comme la TVA sociale ou la taxe Tobin.

Vous êtes confiant dans une victoire

de la gauche ?
Deux faits me rendent optimiste. Nicolas Sarkozy, malgré son déploiement multimédia, ne progresse pas dans les sondages. Il y a, plus qu'un désamour, un désaveu. Deuxièmement, dès lors qu'on est au second tour, les reports de voix de la gauche sont très bons. Je pense qu'il y aura un écart significatif au second tour. Lors de l'inauguration des locaux de campagne, il ne manquait pas un seul dirigeant, il n'y en a pas un qui boude cette campagne.
Comment voyez-vous les nombreux parachutages à gauche et à droite ?
C'est une facilité. Un bon élu, c'est quelqu'un qui connaît le terrain, qui doit en baver pour réussir. J'ai l'impression que les parachutages à droite ne seront pas évidents. Je ne suis pas sûr que les Parisiens soient favorables à François Fillon (UMP), qui a combattu les initiatives de la Mairie de Paris avec beaucoup de régularité et parfois d'agressivité. Pour Rama Yade (Parti Radical), manifestement elle n'arrive pas à trouver une adresse… A gauche, il y a aussi quelques parachutages. Pour Cécile Duflot (Europe Ecologie-Les Verts), candidate à Paris, cela m'a ennuyé que le maire de Paris ne soit pas consulté sur la meilleure circonscription pour elle.

Qu'est-ce que la victoire de la gauche pourrait changer pour la région ?
On attend du gouvernement une nouvelle étape de la décentralisation pour que nous puissions accroître nos compétences pour les universités, la recherche, la santé, le logement. Aucun président ne peut gérer le pays sans s'appuyer sur les collectivités locales. Pour les transports, si la gauche passe, nous pourrons augmenter le Versement Transport (contribution des entreprises au Syndicat des transports d'Ile-de-France, Stif) pour financer la tarification unique.

Où en est-on du pass Navigo

à tarif unique ?
Nous avons demandé que la loi de finances 2013 nous autorise à augmenter le Versement Transport. Je n'ai pas l'impression d'être entendu pour le moment. Dès 2012, nous allons mettre en œuvre des mesures intermédiaires : le dézonage le week-end et les jours fériés.
Est-ce que l'élection de Hollande pourrait amender le Grand Paris ?
Pour Grand Paris Express, je ne vois pas ce qui pourrait être remis en cause. J'entends le scepticisme de certains sur le financement, mais le Grand Paris est déjà en marche. Aujourd'hui, on fait des études, les constructions des voies et des gares ne commenceront qu'à partir de 2014-2015. Certaines parties du chantier iront plus vite que d'autres. Ce qui peut se passer, et je le souhaite, c'est que le Stif soit chargé de la totalité du projet, qu'il absorbe la Société du Grand Paris.

Vos bonnes résolutions pour 2012 ?
Un effort de régime et de sport. Poursuivre ma passion pour le rock. J'ai repéré un concert des Waterboys en mars, ce soir-là, il ne faudra pas me mettre de réunion ! Etre plus actif au plan international, avec un voyage au Chili notamment. Et peut-être un livre. Mais après les élections. D'ici là, il faut gagner.« Le logement, c'est la grande thématique sur laquelle je vais proposer à François Hollande de s'engager », assure Jean-Paul Huchon. L'Ile-de-France souhaite montrer l'exemple et avancer rapidement sur ce dossier fondamental dans une région qui compte 400 000 mal-logés. En lançant deux nouvelles initiatives notamment.
Mise en place d'une autorité régionale sur le logement pour coordonner les actions, mettre les acteurs autour de la table, à l'image du STIF en matière de transport. Elle pourrait aussi imposer des pénalités aux maires qui refusent de construire du logement social. La région a lancé une étude pour voir comment cet établissement public pourrait exister. Et recevra les premières conclusions en mars.
Des résidences étudiantes près des futures gares. La région passe cette année d'un objectif de 3 000 logements étudiants par an à 4 000. Dès février, le président va lancer un appel à tous les acteurs pour qu'ils s'engagent à construire pour chaque nouvelle gare une résidence pour jeunes ou pour étudiants.