« Cet esprit de quartier, ça fait partie de notre patrimoine »

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V. BOISOT / 20 MINUTES

Dans la rue de Lévis, les clients sont fidèles à leurs petits commerçants. Et les petites surfaces du quartier sont vues comme de précieuses alliées. « Vous enfournez le rôti à 220°C puis vous baissez à 200, madame ! » Les conseils fusent, les sourires s'enchaînent et la boucherie Centrale Lévis, dans le 17e, ne désemplit pas. Derrière le comptoir, le patron, Thierry Gosnet assiste sa femme et ses six employés qui servent à tour de bras pintades, bavettes et pâtés en tout genre. L'échange est chaleureux et les clients en redemandent.

Davantage de vie et de contact
« On habite aux Batignolles mais on vient spécialement ici tous les week-ends pour notre poulet dominical », explique Jacques, la quarantaine. Sa femme Marie renchérit : « Les bouchers sont polis et respectueux, c'est rare ! Ca fait partie de notre patrimoine, cet esprit de quartier, et ça se perd. On en a pourtant besoin : ça donne de la vie ! ». « Les gens viennent ici pour le contact », résume Thierry Gosnet. « Et puis il y a un bon rapport qualité-prix. Par exemple, on fait des brochettes maison : après avoir goûté celles des supermarchés, nos clients reviennent automatiquement en acheter ici ». Mais, contrairement à ce qu'on pourrait croire, Thierry Gosnet est ravi que la rue commerçante, où est installée sa boucherie, soit ponctuée de trois enseignes de la grande distribution. « Sans ces petites surfaces, la rue tombe ! Parce qu'on a tous besoin d'acheter de la lessive, des produits d'entretien ». « Chez Monoprix aussi, il y a un vrai boucher, avec qui on peut discuter. Mais je préfère venir ici : la viande est bien plus tendre que dans les barquettes », confirme Perrine, graphiste, qui emporte dans un sourire steak haché et escalopes de veau. Maud Noyon