Les supérettes parisiennes à la barre

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12 magasins étaient visés hier.
12 magasins étaient visés hier. — F. DURAND / SIPA

Un rude mois qui commence pour les supérettes parisiennes. Hier, le premier d'une vague de procès intentés par le Comité de liaison intersyndical du commerce de Paris (Clic-P) s'est tenu au tribunal correctionnel de Paris. Douze magasins des enseignes Carrefour et Franprix étaient attaqués pour « ouverture illégale le dimanche », comme le disent les syndicats.
Leur tort, selon Me Vincent Lecourt, l'avocat de l'accusation : « Ils ne respectent pas le droit du travail, en faisant travailler des employés après 13 h le dimanche, ni l'arrêté préfectoral du 15 novembre 1990 qui exige un jour de fermeture par semaine, puisqu'ils sont ouverts sept jours sur sept. » Les contrevenants encourent une amende de 7 500 € par dimanche et par salarié. « Mais comme il y a dans les faits peu de procédures judiciaires, les gérants de magasins préfèrent prendre le risque d'ouvrir », a plaidé Me Lecourt. « 33 % des salariés français travaillent le dimanche, ce n'est plus le jour sacro-saint », a riposté l'un des avocats de la défense. La plupart d'entre eux ont aussi tenté de faire valoir que les tickets de caisse datés de dimanches après-midi produits par l'accusation ne prouvaient rien. « Le dimanche, ce sont des gérants qui font tourner le magasin, pas des salariés. » La décision a été mise en délibéré au 24 janvier. D'ici là, deux autres procès du même type auront eu lieu. Ce n'est qu'un début : une centaine de supérettes sont ouvertes le dimanche après-midi à Paris et l'intersyndicale compte toutes les attaquer.H. C.