Foetus de Saint-Vincent-de-Paul : affaire classée

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Le parquet de Paris a classé sans suite l'enquête ouverte en août 2005 après la découverte de 450 foetus dans la chambre mortuaire de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul (14e). Cette enquête préliminaire « n'a pas révélé d'infraction pénale », selon le procureur de la République Jean-Claude Marin. Les scellés ont été levés et les familles informées. « C'est scandaleux. Une aberration, réagissait hier, la voix tremblante, Caroline Lemoine, une des mères concernées. Du début à la fin, on n'aura donc pas respecté les familles et les enfants. Des corps, ça se respecte, même après la mort. »

En octobre 2005, un rapport de l'Igas (inspection générale des affaires sociales) décrivait « 353 corps entiers et 87 corps partiels (dont 20 têtes) » et ajoutait que « la plupart des corps étaient éviscérés. Sur certains le cerveau avait été retiré, sur d'autres on avait enlevé la colonne vertébrale. » Le rapport pointait « des dérives réelles et préoccupantes. »

Ces foetus et corps d'enfants mort-nés avaient été retrouvés, parfois après plus de trente ans, dans des sacs remplis de formol, posant la question d'une éventuelle utilisation des foetus à des fins de recherche.

L'affaire avait entraîné l'ouverture d'une enquête administrative et la saisie du Comité national consultatif d'éthique. Puis Xavier Bertrand, ministre de la Santé, avait annoncé des « mesures disciplinaires» et précisait vouloir fixer « un délai maximum pour l'inhumation ».

M. H.