Le travail dominical visé en Ile-de-France

COMMERCE Plusieurs magasins se sont fait rappeler à l'ordre...

Hélène Colau

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Un recours a été déposé contre le Millénaire.
Un recours a été déposé contre le Millénaire. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Deux enseignes de plus attaquées pour avoir fait travailler leurs employés le dimanche. Vendredi dernier, le syndicat Force ouvrière a obtenu au tribunal de Pontoise (Val-d'Oise) la condamnation des magasins de bricolage Bricorama. Ils devront désormais fermer le dimanche sous peine de payer de lourdes amendes. Plus de trente magasins sont concernés dans la région. Ses concurrents directs, Leroy-Merlin et Castorama, avaient déjà connu le même sort.

Annulation d'autorisation

Le même jour, les syndicats attaquaient devant le tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) une autorisation spéciale accordée au centre commercial Le Millénaire, à Aubervilliers. Celui-ci pourrait donc cesser d'ouvrir le dimanche dès ce week-end. «On est sûrs d'obtenir l'annulation de l'autorisation, avance le président de la CFTC du commerce Ile-de-France. Elle a été obtenue avec des arguments pseudo-économiques, juste parce que le centre ne trouve pas sa vitesse de croisière.»

Abercrombie dans le viseur

Les syndicats veulent aller encore plus loin dans la défense des conditions de travail des salariés du commerce. Après le travail dominical dans les supérettes (lire l'encadré), ils visent désormais les ouvertures tardives. Le Comité de liaison intersyndical du commerce de Paris (Clic-P) prévoit d'attaquer plusieurs enseignes en justice dès le mois de février. «Il y a trois ou quatre ans, les nocturnes étaient exceptionnelles. Aujourd'hui, il y en a toutes les semaines, s'indigne Eric Scherrer, représentant du Clic-P. Ces ouvertures ne répondent à aucune nécessité et n'apportent aucun bénéfice aux salariés. Comme ils habitent souvent en banlieue, ils rentrent très tard chez eux, c'est intolérable.» Parmi les boutiques concernées figure Abercrombie & Fitch, sur les Champs-Elysées, qui continue à faire travailler ses employés la nuit alors même que l'autorisation lui a été refusée.

Supérettes

Les supérettes sont au cœur de la polémique sur le travail du dimanche. Trois audiences doivent se tenir ce mois-ci au tribunal de Paris, la première mardi. Une quarantaine de magasins ont déjà été condamnés l'an dernier dans la capitale.