L'enquête sur le meurtre du DJ piétine

JUSTICE Il y a un an, Claudy Elisor était passé à tabac au Blanc-Mesnil lors de la nuit du réveillon. Un an après, de nombreuses zones d'ombre demeurent...

William Molinié

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Salle à louer Château d'Egypte au Blanc-Mesnil (Seine Saint-Denis), devant laquelle Claudy Elisor a été tué la nuit du 31 décembre 2010.
Salle à louer Château d'Egypte au Blanc-Mesnil (Seine Saint-Denis), devant laquelle Claudy Elisor a été tué la nuit du 31 décembre 2010. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Un an après le passage à tabac mortel du DJ du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), seul un homme, qui va à nouveau aujourd’hui demander sa remise en liberté, a été mis en examen. L’enquête, menée par Vincent Sizaire, le juge d’instruction de Bobigny, stagne depuis plusieurs mois. De nombreuses zones d’ombre sont encore à éclaircir. Et des meurtriers courent toujours.

Marche samedi à Bastille

Les faits remontent à la nuit du 31 décembre 2010. Claudy Elisor, DJ guadeloupéen de 33 ans, père de deux enfants, mixe dans une salle privée du Blanc-Mesnil. Vers 5 h du matin, une altercation éclate entre lui et un jeune homme à qui il refuse l’entrée. Ce dernier, remis à la porte, promet de revenir avec des amis.

Quelques minutes plus tard, une dizaine d’individus entrent dans la salle et se jettent sur Claudy. Battu à mort, il décédera quatre jours plus tard.

Plusieurs témoins ont désigné Amadou, 22 ans, comme le meneur. Ce dernier s’est présenté à la police quelques jours après le drame. «Il reconnaît être la personne avec qui le DJ a eu un différend. Mais il dit qu’il n’a pas porté de coups. Sans photos, ni vidéos, il n’y a pas de preuve objective de sa présence dans la salle», avance Renaud Portejoie, son avocat.

Un deuxième homme, mis en cause sous le statut de témoin assisté, aurait pris la fuite au Sénégal, pays d’origine de ses parents. «Le juge l’a relâché. C’était une erreur. Sa fuite témoigne de son implication», avance Claudy Siar, délégué interministériel à l’égalité des chances des Français d’outre-mer.

«Les juges n’ont pas entendu tout le monde. Comme le propriétaire de cette salle dans laquelle il y a déjà eu des faits de violence», souligne Samuel Habib, un des avocats de Fabienne Elisor, la veuve, qui sera entendue une nouvelle fois  mercredi 11 janvier par le juge, avant qu’il ne close l’instruction. D’ici là, elle a appelé à une marche samedi, au départ de Bastille à 14 h 30, avec des roses blanches.