Opération «105 permis pour 2005» en suspens

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L’opération «105 permis pour 2005», lancée il y a un an par le général Emmanuel de Richoufftz, adjoint territorial au gouverneur militaire de Paris, vit
peut-être ses derniers jours. C’est cette semaine que l’armée de terre doit dresser le bilan de l’opération, qui déterminera sa reconduction ou pas. Selon les informations du général, qui partira à la retraite le 1er juin, elle devrait être abandonnée. Treillis, permis et CDI, c’était le credo du général lorsque, il y a un an, il décidait de relever le défi de l’intégration sociale, et lançait le projet « 105 permis pour 2005 ». Le général de Richoufftz propose alors « l’école de la dernière chance » à 105 jeunes banlieusards, tous exclus du système éducatif et marginalisés par la société. Un contrat donnant, donnant : en contrepartie de l’accès gratuit au permis de conduire et d’un stage pouvant déboucher sur une embauche au sein d’une des entreprises partenaires comme Sodexho, La Poste, GMF, la RATP, les jeunes s’engagent à suivre un parcours citoyen comprenant une action bénévole de deux semaines au sein d’une association ou collectivité territoriale. En juillet dernier, ils ont également passé deux semaines au camp militaire de la Courtine (Creuse). Une association,Carrefours
pour l’emploi, entend tout de même batailler pour que le projet du général soit pérennisé d’ici à la fin de l’année. «Permis pour l’emploi 2006 », c’est le nom qu’elle souhaite donner à l’opération qui prendrait la relève de«105 permis pour 2005».


« Nous voulons lui donner une dimension nationale. Si le conseil régional d’Ile-de- France et le ministèrede la Défense nous donnent leur accord, nous sélectionnerons dans un premier temps 150 jeunes Parisiens pour participer au projet, puis dans un second temps 150 jeunes de chaque département de la petite et grande couronne », explique
Michel Lefèvre, secrétaire général de l’association. Seul bémol : l’armée de terre avoue qu’une action d’une telle envergure « nécessiterait qu’elle se désengage en tant que maîtresse d’oeuvre ». Un nonsens pour le général de Richoufftz qui estime que « les entreprises pourraient se retirer si l’opération ne porte plus le sceau de l’armée de terre ».

Aurélie Onillon