3 F, ne cherche pas appartement

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La situation peut paraître paradoxale. D'un côté, la mairie de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), qui, forte des subventions de l'Etat, propose aux habitants de ses cités d'être relogés ailleurs. De l'autre, ces mêmes habitants qui traînent les pieds et se mobilisent pour sauver leurs tours.

Vendredi, « la convention de rénovation urbaine » a été signée à l'hôtel de ville. Signée avec l'Agence nationale de rénovation urbaine (Anru), elle s'élève à 198 millions d'euros et prévoit 627 démolitions et reconstructions dans les quartiers du Luth et des Grésillons. Mais aux balcons des tours du quartier des 3 F, quelques banderoles témoignent du combat contre ce projet. « J'y suis, j'y reste », proclame fièrement l'une d'entre elles. Medhi, « 31 ans, presque comme la cité », vit chez ses parents dans un des bâtiments qui subsistera. « On va se sentir seuls. On nous dit que c'est mieux ailleurs, mais dans un immeuble de quatre étages au lieu de douze, les jeunes continueront à tenir les murs. » Soumarou, 21 ans, tient le même discours. « Ici les ascenseurs fonctionnent, c'est insonorisé, ça a été rénové il n'y a pas si longtemps. Ils veulent tuer le trafic de drogues. Mais il y en a beaucoup moins qu'avant. Qu'ils s'intéressent à Clichy-sous-Bois et à ceux vraiment en difficulté. Pas à nous. » Le maire, Jacques Bourgoin (PCF), assure qu'une enquête dans la cité démontre que les trois quarts des habitants sont favorables au projet. « Les gens craignent pour les loyers, mais les engagements sont clairs : ils ne bougeront pas. La cité est enclavée, les cages d'escaliers se touchent. Aujourd'hui, on a le droit à un autre type d'habitat social. » Tout le monde n'en est apparemment pas convaincu.

Michaël Hajdenberg

En 2008 et 2009 s'effectuera la construction des logements. Suivra la destruction des habitations actuelles. Il restera aux 3 F trois résidences de cent appartements traversées par une coulée verte.