Les voleurs lisaient les petites annonces

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Les petites annonces étaient piégées. Un réseau de vol de voitures, à Paris et en proche banlieue, vient d'être démantelé par la 1re DPJ (division de police judiciaire). Douze personnes ont été interpellées, dont quatre ont été placées en détention provisoire.

Les malfaiteurs avaient mis en place une combine parfaitement huilée : ils repéraient les voitures qui les intéressaient – Clio, 206, 607... – dans le journal de vente entre particuliers J'annonce. Ils fixaient ensuite un rendez-vous au vendeur, généralement à une porte du périphérique, puis le braquaient, parfois violemment. Les autos volées prenaient alors la direction de l'étranger, où elles étaient immatriculées provisoirement, avant de revenir en France, et de subir un lifting total dans une casse de l'Oise. Deux voitures servaient parfois à en faire une seule. « Un procédé particulièrement dangereux », souligne une source proche de l'enquête : les véhicules ainsi réassemblés ne répondent plus du tout aux normes de sécurité. Une fois maquillées, les voitures étaient revendues... toujours par le biais de J'annonce.

Depuis le mois de novembre et l'ouverture de l'enquête, les malfaiteurs avaient adopté un rythme de deux vols de véhicules par mois. Le « cerveau », âgé de 35 ans, était basé à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Il pilotait toutes les opérations, guidait à distance les seconds couteaux qui « montaient » au braquage. Ces derniers étaient rémunérés 500 e par voiture volée. Les enquêteurs estiment que le gang, qui aurait d'abord commencé par vendre des pièces détachées volées, sévissait depuis 2002.

Mickaël Bosredon

La 1re DPJ cherche toute personne susceptible d'avoir eu affaire à ce gang. Elle est joignable au

01 53 11 23 00 ou 01 53 11 23 44.

Un employé d'une banque de l'avenue de l'Opéra (9e) servait de plate-forme téléphonique : depuis son poste, il rebasculait tous les appels du chef du gang à ses complices, pour qu'ils restent anonymes.