Des milliers de jouets saisis à Argenteuil

SECURITE A l'approche des fêtes, les douaniers redoublent d'effort pour intercepter les contrefaçons...

William Molinié

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Sur les 25 000 jouets saisis dans ce hangar d'Argenteuil, 9 000 étaient « dangereux ».
Sur les 25 000 jouets saisis dans ce hangar d'Argenteuil, 9 000 étaient « dangereux ». — A. GELEBART / 20 MINUTES

Au fond d'un hangar clandestin de la zone d'activité du Val d'Argent à Argenteuil (Val-d'Oise), les 25.000 jouets en provenance de Chine sont immobilisés depuis une semaine par les douaniers. Jeudi, ces derniers ont reçu l'ordre de retirer les 9.000 pièces, jugées «dangereuses» par le laboratoire. Certaines contiennent des phtalates, un groupe de produits chimiques potentiellement cancérigènes. D'autres ne sont pas aux normes ou les compartiments des piles sont trop facilement accessibles pour les enfants.

L'affaire remonte au 7 novembre dernier. Les douaniers de la Task Force «Dragon», une unité spéciale de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), interceptent dans cet entrepôt d'Argenteuil des jouets qu'ils suspectent de non-conformité. Acheminés par conteneurs depuis Shanghai, ils ont mis trois semaines avant d'arriver à Argenteuil en passant par la Belgique.

150.000 euros à la revente

Des peluches, des pistolets en plastique, des avions, des voitures miniatures… «Ces jouets auraient pu se retrouver en 48 heures sur les marchés de Noël, dans des bazars ou aux puces. Pour une valeur à la revente de 150.000 euros. A l'approche des fêtes de Noël, on nous a demandé d'accentuer nos contrôles», explique Bruno Collin, inspecteur principal des douanes. Au fond du hangar, le destinataire de la marchandise, un Chinois d'une trentaine d'années, assure ne pas être au courant du contenu des cartons. Il n'est donc pas inquiété juridiquement mais risque de ne pas être payé. «On ne connaît pas les gens qui envoient depuis la Chine. Il y a beaucoup d'intermédiaires», confie-t-il. La plupart du temps il s'agit de sociétés écrans, voire fictives, difficiles à retrouver car leur durée de vie n'est que de quelques mois. «C'est compliqué de remonter la filière. Tout est clandestin et cloisonné», reconnaît Bruno Collin. Depuis le début de l'année, son équipe a intercepté plus de 70.000 jouets.