Retour impressionniste des «Nymphéas» de Monet

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« Les Nymphéas ont retrouvé la lumière. » La remise en valeur de la toile emblématique de Claude Monet était sur toutes les bouches des visiteurs triés sur le volet, hier, lors de l'inauguration officielle du musée de l'Orangerie (1er)*. Fermé depuis six ans pour travaux, il ne rouvrira au public que le 17 mai. Au terme d'un important chantier, les architectes Brochet, Lajus et Pueyo ont totalement restructuré l'espace intérieur. En effet, pour accueillir les toiles impressionnistes de la collection Walter-Guillaume, en 1966, il avait fallu construire un plancher qui avait privé les Nymphéas de la lumière du jour. Collées au mur, les oeuvres viennent d'être sorties des caissons étanches et ventilés où elles ont passé six ans.

Sous la verrière, un abat-jour géant vient filtrer les rayons du soleil. De façon impressionniste. « Le visiteur retrouve ainsi les conditions initiales d'exposition, voulues par Monet lorsqu'il a donné cette oeuvre à l'Etat en 1918, explique l'éclairagiste, Anne Bureau. A chaque instant, les nuages donnent des nuances différentes à la toile, invitation à venir voir et revoir les Nymphéas. » Le bâtiment retrouve une transparence et sa situation entre la Seine et le jardin des Tuileries « continue le poème des Nymphéas », souligne le directeur Pierre Georgel. Le chemin vers les deux salles Monet a été « sacralisé » par une allée de béton brut baigné de lumière. Et les oeuvres impressionnistes de la collection Walter-Guillaume, des Renoir, Cézanne, Modigliani, Picasso... sont remisées au sous-sol, éclairé en partie seulement par la lumière naturelle.

Sophie Caillat

*Entrée libre du 17 au 21 mai. www.musee-orangerie.fr