Un Louxor éclatant et écolo

Oihana Gabriel

— 

Sur la terrasse, on découvre des mosaïques qui recouvriront les façades du cinéma rénové.
Sur la terrasse, on découvre des mosaïques qui recouvriront les façades du cinéma rénové. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Il reste du travail, mais palmiers et égyptiennes devraient se réinstaller au Louxor selon le calendrier prévu. Le seul cinéma parisien au style égyptien, à l'angle des boulevards de la Chapelle et Magenta (10e), ouvert en 1921, puis boîte de nuit dans les années 1980 avant de fermer en 1987, renaîtra de ses cendres au printemps 2013.

Mosaïques et vitraux
Depuis l'été 2010, les ouvriers s'activent pour redonner sa couleur sable, ses mosaïques colorées et offrir un bar, une terrasse et un porche ouvert sur l'extérieur au lieu. Le Louxor rendossera donc sa première identité, avec trois salles de projection. « La future grande salle proposera 342 fauteuils, quand l'originale pouvait recevoir 1 200 personnes, souligne Philippe Pumain, l'architecte. Les sièges sont plus confortables, les allées plus grandes, certaines places pour handicapés prennent de l'espace et certains fauteuils trop près ou trop loin de l'écran ont été supprimés. »
Le gros œuvre semble quasiment achevé et on distingue déjà les étages pour les futurs gradins et les deux balcons de la grande salle. L'écran de l'époque, de 6 m de long, renaîtra, mais pourra pivoter afin qu'un écran de 9 m de long puisse se déplier. Beaucoup d'attention est portée au décor à l'égyptienne avec des mosaïques faites au pochoir et des vitraux dans les étages. « Nous travaillons sur les vitraux à partir de photos d'époque en noir et blanc, du coup, nous devons imaginer les couleurs », détaille l'architecte. Il a cherché à retrouver l'enveloppe datant de 1930 du site, inscrit aux Monuments historiques, tout en y injectant des techniques modernes. Pour insonoriser les trois salles notamment. Avec le métro proche et les logements mitoyens, les structures métalliques des salles reposent sur de gros ressorts qui absorbent les vibrations et le bruit. Le bâtiment s'est aussi mis au parfum écolo, avec au dernier étage un système de ventilation par géothermie : des tubes puisent le chaud ou le froid à 80 m de profondeur.