La boxe, une étape vers l'insertion

Hélène Colau

— 

Une vingtaine de sportifs sont déjà inscrits au nouveau club de l'Académie.
Une vingtaine de sportifs sont déjà inscrits au nouveau club de l'Académie. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Des gants de boxe pour se frayer un chemin vers le monde du travail. L'Académie Christophe Tiozzo*, fondée en 2008 par le triple champion du monde, vient d'inaugurer son premier club parisien, dans le 19e. Le troisième du genre, avec ceux de Toulouse (Haute-Garonne) et de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise). C'est en quelque sorte là qu'est née l'Académie, au moment des émeutes de 2007. Christophe Tiozzo se dit alors que les valeurs de la boxe pourraient être bénéfiques aux jeunes des quartiers « sensibles ». Il se met en tête d'y promouvoir la pratique de ce sport et, pourquoi pas, d'aider les jeunes qui le souhaitent à s'insérer professionnellement.

Relation avec l'entraîneur
Ouvert depuis quelques semaines seulement, le club parisien n'en est pas encore à cette étape. Pour l'instant, une vingtaine d'inscrits viennent régulièrement taper dans le sac. « Il faut qu'un rapport de confiance s'établisse, explique Elisabeth, l'entraîneur. Puis, si je détecte un problème, je le signalerai à la chargée d'insertion. » Ce sera alors au tour d'Emmanuelle David de jouer. « Quand un entraîneur me dit qu'un boxeur a besoin d'un stage ou d'un emploi, je commence par le recevoir pour une rencontre informelle. On parle de son projet professionnel, on refait son CV. Puis je contacte les entreprises partenaires pour voir si elles ont quelque chose à proposer. »
En 2011, quatorze emplois, stages ou formations ont été proposés à de jeunes boxeurs. Engin, 24 ans, espère avoir cette chance. Ce lourd-léger professionnel, qui s'entraîne avec l'académie de Villiers-le-Bel, travaille comme chauffeur de bus. Mais il rêve d'intégrer les équipes de sécurité de la RATP. « On m'a aidé à remplir les dossiers, à prendre contact avec l'entreprise. J'ai raté les tests d'entrée, mais je vais les repasser. » Pour lui, l'aide de l'académie se révèle aussi précieuse en termes d'image. « Un jeune boxeur, ça peut faire peur aux employeurs. Avec ce soutien, j'ai l'air plus sérieux. »