Prostitution au Bois de Boulogne: «Toutes les migrantes ne sont pas exploitées»

W.M.

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Hier, début d'après-midi, deux jeunes Roumaines sur l'allée de Longchamp.
Hier, début d'après-midi, deux jeunes Roumaines sur l'allée de Longchamp. — V. WARTNER / 20 MINUTES

«Il faut du temps pour qu'un dialogue s'installe et sortir ces jeunes filles des réseaux de prostitution», explique Nicole, du bus des femmes, qui va à la rencontre de prostituées dans le bois de Boulogne (16e).
Si les associations s'accordent pour dire qu'il faut combattre les réseaux de proxénétisme, certaines s'interrogent sur la «stigmatisation» de la prostitution roumaine. «Toutes les prostituées roumaines ne sont pas forcément sous l'emprise des réseaux de proxénétisme. Et toutes les migrantes ne sont pas exploitées. Certaines d'entre elles en sont sorties et ont décidé, d'elles-mêmes, de se prostituer. Car pour elles, c'est difficile de trouver un travail en France», assure Pénélope, militante du syndicat du travail sexuel, le Strass. Selon elle, le délit de racolage instauré en 2003, permettrait aux policiers de procéder à des contrôles d'identité. «Pour les étrangères, après, c'est centre de rétention puis expulsion», poursuit Pénélope, estimant que la loi est trop dure: «Aujourd'hui, si vous vous mettez à plusieurs travailleuses du sexe pour acheter un appartement, vous pouvez tomber pour proxénétisme.»