La trotinette, une idée qui fait son chemin à la Poste

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Certains la moquent, d'autres la jalousent.La trottinette électrique que teste actuellement la factrice Emmanuelle Laline dans le 19e, attire les regards. Le tricycle, chargé de 50 kg en début de tournée, ne lui permet pas pour autant d’effectuer son parcours de cinq kilomètres plus vite qu’à pied. « Mais je suis beaucoup moins fatiguée le soir, et c’est meilleur pour mon dos », souligne-t-elle. Choisie commecobaye en raison de sa déformation à la colonne vertébrale, Emmanuelle espère ainsi conserver son travail.
L’engin convient bien à la tournée parisienne, à ses très nombreux arrêts et ses légères pentes. Roulant à 6 km/h maximum, il n’est pas considéré comme un véhicule et de ce fait autorisé exceptionnellement par le ministère des Transports à circuler sur les trottoirs. Son encombrement est son principal défaut. «C’est un prototype qui doit faire ses preuves », souligne Gabriel Hendzen, le directeur général des opérations courrier de La Poste. L’enjeu est de la faire accepter à grande échelle en milieu urbain, et, pour cela, d’obtenir une autorisation permanente de rouler sur le trottoir. Parallèlement, les facteurs parisiens expérimentent aussi le chariot électrique, notamment pour les tournées pentues. Des vélos ergonomiques, avec selle pivotante, et des vélos électriques sont également à l’essai. Mais ces deux-roues sont plus adaptés à la banlieue et à la province. Enfin, un prototype de quad électrique sort aussi des laboratoires de La Poste. «Pour nous, le développement durable, c’est à la fois protéger l’environnement et protéger la santé des facteurs », précise Gabriel Hendzen.

Sophie Cailla