Candidates PS en pagaille contre Charzat

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Michel Charzat (PS) aura du mal à conserver tout son fief du 20e arrondissement de Paris. Hier soir, lors d'un bureau national, le Parti socialiste a confirmé qu'aux législatives de 2007, la 21e circonscription serait réservée, parité oblige, à une femme. Le député-maire du 20e s'indigne de ne pouvoir défendre son bilan. « Personne n'imagine que je vais céder », avait-il déclaré à il y a un mois. Soutenu par le courant fabiusien, il espère encore obtenir gain de cause.

Dans les couloirs du PS, il se murmure qu'une dérogation est envisagée pour cette circonscription afin d'empêcher que le candidat ne soit désigné par les militants. Mais si le PS maintient la procédure du vote, Michel Charzat ira-t-il jusqu'à se présenter contre la candidate PS et risquer l'exclusion ? « Je n'ose y penser », lance le président du PS parisien, Patrick Bloche.

En 1997, c'est Michel Charzat lui-même qui, alors sénateur, avait souhaité que la 21e circonscription soit réservée à une femme. Véronique Carrion-Bastok, élue à l'époque, avait exercé deux ans. « A force de subir une pression constante, de devoir lui rendre des comptes sur tout, j'ai préféré démissionner », assure-t-elle. Puis, lassé du Sénat, le maire du 20e était revenu au Palais-Bourbon. Sans opposition interne.

Aujourd'hui, ce sont deux, et peut-être quatre femmes, qu'il doit affronter. Deux anciennes collaboratrices sont officiellement candidates. Frédérique Calandra, celle qu'il craindrait le plus, est actuellement adjointe de Bertrand Delanoë, chargée de la Médiation. Nathalie Kaufmann, sa suppléante à l'Assemblée nationale et adjointe aux Sports à la mairie du 20e se voit, pour sa part, comme la candidate « naturelle ». Toutes deux proches de François Hollande, elles estiment qu'il devrait céder sa place au nom de « l'intérêt général » et de la « démocratie », après avoir cumulé dix-neuf ans de mandat parlementaire.

Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, pourrait aussi entrer dans la course. Le nom de Fadela Amara, la présidente de l'association Ni putes ni soumises, circule également.

Sophie Caillat

Les candidates ont jusqu'à début mai pour se faire connaître. A la mi-juin, les militants voteront pour désigner celle qui défendra leurs couleurs.