L'exercice d'hier : monter un bâtardeau sur les berges.
L'exercice d'hier : monter un bâtardeau sur les berges. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Paris

Paris ne veut pas être submergé par la crue

Prévention Les services de la Ville s'entraînent en attendant l'arrivée de l'inondation centennale

La crue centennale aura-t-elle lieu cet hiver ? Impossible de le prévoir, si ce n'est trois jours à l'avance. Alors en attendant, la Mairie de Paris s'exerce à tester son matériel pour faire face à une montée des eaux, inéluctable d'après les scientifiques. Hier, un bâtardeau (digue) a été installé sur la voie express de la rive gauche en face de l'Assemblée nationale, puis démonté en fin de matinée.

Coupures d'électricité
La mise en place de ce mur anti-crue dure 4 h en moyenne. « Il faut creuser la chaussée pour retrouver la semelle de fondation sur laquelle des poteaux et des planches en aluminium sont montés », explique Daniel Le Dour, responsable à la direction de la voirie et des déplacements. En cas de crue, 80 bâtardeaux peuvent être déployés le long de la Seine. Objectif : retenir le fleuve dans son lit le plus longtemps possible.
En 1910 , la crue de référence en matière de prévention, le niveau de la Seine avait atteint 8,62 m. « A Paris, l'eau montera tranquillement. Environ 50 cm chaque jour. On a le temps de mettre en place un plan d'action », assure Eric Defretin, chef du pôle de gestion de crise à la Mairie de Paris. Près de 300 mesures sont prévues dans le plan de prévention du risque d'inondation, conçu en 2003, révisé en 2007, censé limiter les dégâts. Car selon les scénarios possibles en cas de crue, les sous-sols des bâtiments pourraient être inondés à partir de 5,50 m et le RER C, le long des berges, à partir de 6 m. Les coupures d'électricité surviendraient à 8 m. « Sans électricité, on ne saurait plus rien faire », concède Eric Defretin. D'autant que depuis 1910, la région s'est fortement urbanisée, favorisant le ruissellement et empêchant l'infiltration.
Pour limiter les dégâts, quatre lacs réservoirs en amont permettraient de faire baisser d'environ 60 cm le niveau de l'eau à Paris. Par ailleurs, des espaces appelés « zone d'expansion de crue » où l'eau ne sera pas retenue ont déjà été définis pour limiter les impacts sur les habitations : le Bois de Boulogne, le Parc André Citroën ou encore l'hippodrome de Longchamp.