Les nuisances sonores se déplacent

Hélène Colau

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L'aéroport de Roissy ce samedi 18 mars 2017.
L'aéroport de Roissy ce samedi 18 mars 2017. — C.APETOGBOR/20MINUTES

Dès aujourd'hui, l'altitude à laquelle les avions amorcent leur descente à l'approche des aéroports parisiens est relevée de 300 m. Une mesure qui devrait réduire de 60 % le nombre de Franciliens exposés à un bruit supérieur à 65 dB, a promis la semaine dernière Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre (UMP) de l'Ecologie.

Amélioration minime
« La réduction de bruit devrait être de 2 dB, ce qui commence à être perceptible », reconnaît Patric Kruissel, président de l'association contre les nuisances aériennes Advocnar. A Beauchamp (Val-d'Oise), petite ville de 9 000 habitants, le grondement des avions qui décollent de Roissy se fait entendre toutes les cinq minutes. La situation devrait s'améliorer, Mais pas de quoi sauter au plafond pour les habitants. « C'est vrai que quand les avions arrivent dans l'axe, on les entend beaucoup, dit André. Mais ce n'est pas vraiment gênant. Le bruit n'égale même pas celui des voitures. » Selon Christelle, agent immobilier, dans la situation actuelle, les nuisances sonores ne rebutent pas les acheteurs, contrairement à d'autres communes du département. « Quelques personnes qui ne connaissent pas le secteur renoncent à s'installer, mais c'est rare. »
Ce que regrettent les associations, c'est que pour quelques dizaines de milliers de riverains un peu soulagés, une poignée d'autres seront sacrifiés. En effet, certains couloirs aériens vont être déplacés. Véronique vit à Eragny et travaille à Cergy, deux communes où la situation risque de se dégrader. « On ne nous en a pas informés, regrette-t-elle. Je trouve déjà ça pénible, le bruit, quand j'ai des invités. Par ailleurs, ma pelouse semble grasse et mon linge ne revient pas très propre après avoir séché dehors… » « Le vrai problème, c'est que cette mesurette ne changera pas la qualité de vie des riverains les plus exposés, ceux qui vivent à moins de 15 km des aéroports », reprend Patric Kruissel. Au Thillay, à deux pas de Roissy, les vitres tremblent souvent, il est impossible de dormir la fenêtre ouverte. « Ça affecte même mes enfants, ils sont nerveux depuis que nous vivons ici, témoigne Martine. Mais pour nous, il n'y a rien de prévu. »