Mohamed, mise en cause dans l'affaire du meurtre de Babu  au metro Crimee et son avocat, maitre d'Ollone Augustin, retournent sur  le quai de la station pour faire une reconstitution, le 16  novembre 2011.
Mohamed, mise en cause dans l'affaire du meurtre de Babu au metro Crimee et son avocat, maitre d'Ollone Augustin, retournent sur le quai de la station pour faire une reconstitution, le 16 novembre 2011. — V. WARTNER / 20 MINUTES

INFO 20 MINUTES

Mohamed, qui a poussé mortellement Babu dans le métro, raconte sa version des faits

Celui qui a poussé Babu, l'Indien décédé dans le métro, témoigne après sa libération...

Mohamed F. a été relâché mardi soir de la prison de Fresnes (Val-de-Marne) où il était retenu depuis le 7 octobre dernier pour avoir poussé Babu, un Indien de 33 ans mort électrocuté sur les rails du métro le 29 septembre dernier. L’Egyptien de 22 ans, en situation irrégulière, est retourné sur les lieux du drame, moins de 24h après la décision de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris de le libérer. Il devra toutefois pointer au commissariat et répondre aux convocations de la police et de la justice.

20 Minutes retrouve l’Egyptien de 22 ans, sur les quais de la station Crimée, en présence de son avocat, Me Augustin d’Olonnes. Le jeune homme, 1m80, plutôt beau garçon, cheveux bruns et yeux clairs, revient dans un français très approximatif sur «l’affaire Babu». Un faits divers qui avait ému l’opinion publique et pour laquelle deux ministres, Thierry Mariani et Frédéric Mitterrand, s’étaient déplacés sur les lieux du drame.

Les bandes de vidéo surveillance semblent montrer que c’est Babu qui vous a frappé en premier sur le quai. Mais que s’est-il passé dans la rame de métro?
Mohamed F. – Il était avec cinq ou six copains. Il m’a dit «pourquoi tu regardes le portable?». Je n’ai rien dit, j’ai tourné la tête. Puis il a commencé à me parler avec agressivité et beaucoup de mots pas bien. Il a insulté ma mère. Alors je suis sorti avec tout le monde à Crimé. Et c’est là où il m’a rattrapé, m’a poussé et je suis tombé. Après m’être relevé, il est revenu et je l’ai poussé.

Avez-vous vu qu’il était tombé sur les rails ?
Non. Je suis parti vite parce que dans mon cœur, j’avais peur. Je suis remonté fumer une cigarette en dehors de la station. Et ensuite je suis rentré à Aubervilliers, là où je devais aller. Je ne savais même pas que j’étais recherché par la police.

Quel regard portez-vous sur cette affaire ?
Je ne sais pas, moi, je ne me suis jamais battu, je me suis défendu. Une histoire comme celle-ci, ça peut arriver à tout le monde. J’ai rien fait de mal. On a dit que j’étais un voleur. Mais c’est faux, j’ai jamais rien volé de ma vie.

Êtes-vous en colère aujourd’hui ?
J’ai rien à dire. Ma vie a toujours été propre, je n’ai rien fait de mal. Les gens qui me connaissent peuvent le dire. Mais ça devait se terminer. C’est tout. Je ne veux plus de problèmes avec personne.

Quels sont vos projets désormais ?
Je vais continuer de faire ce que je faisais. Des petits boulots, sur les marchés.

Comment s’est passée votre détention provisoire ?
C’était dur, pas facile. J’étais seul puis ensuite avec quelqu’un. Un ami est venu me voir. Mais maintenant, c’est fini.