Meaux: La Grande Guerre exposée

ILE DE FRANCE Un musée tout neuf va ouvrir à Meaux en hommage à la Première Guerre mondiale...

Hermine Prunier
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50 000 pièces sont réunies pour décrire le quotidien des soldats et des populations lors de cette guerre qui s'est déroulée notamment dans la Marne.
50 000 pièces sont réunies pour décrire le quotidien des soldats et des populations lors de cette guerre qui s'est déroulée notamment dans la Marne. — Photos : A. GELEBART / 20 MINUTES

Un musée de la Grande Guerre pour le 93e anniversaire de l'Armistice. Il sera inauguré demain par Jean-François Copé, président de la Communauté d'Agglomération du Pays de Meaux et Nicolas Sarkozy. Le projet est né le 11 Novembre 2004 d'un « coup de foudre » comme le qualifie Jean-François Copé, entre lui et Jean-Pierre Verney, collectionneur spécialiste de la Première Guerre mondiale. Construit au pied de la statue « La Liberté Eplorée », monument offert par les Américains en commémoration des Batailles de la Marne, l'édifice de 7 000 m2 imaginé par l'architecte Christophe Lab, surplombe la ville de Meaux et regorge de trésors. Accumulée durant quarante années par Jean-Pierre Verney, toute sa collection est rassemblée et exposée dans les 3 000 m2 dédiés à l'exposition permanente du musée, réalisant ainsi le rêve de ce passionné.

Deux parcours selon les envies
Le musée peut se visiter de deux façons. Pour les plus pressés, le parcours court retrace l'historique de la Bataille de la Marne de 1914 à celle de 1918. Dans la grande nef du musée, temps fort de la visite, ces quatre années de guerre sont traitées en miroir pour mettre en exergue les évolutions en matière d'armement, d'aviation et d'habillement. Au centre, on trouve la reconstitution d'un champ de bataille avec une tranchée allemande faite de tôle, le no man's land et une tranchée française en bois.
Pour approfondir la découverte, le parcours annexe développe de salle en salle des thématiques spécifiques. La mobilisation des sociétés, au rôle des femmes et des enfants, à la tactique et stratégie, en passant par le rôle des Etats-Unis.
Ce sont en tout 50 000 pièces qui racontent ces histoires. Des éléments d'armements et d'artillerie mais aussi des objets de la vie quotidienne sur le front et à l'arrière (réchauds, tabacs, alcool, cartes à jouer), ainsi qu'un lit d'hôpital, une chaise de mutilé, un char, et plus de 200 uniformes complets représentants la totalité des 35 pays belligérants. La plupart de ces objets sont rassemblés dans des vitrines par thème mais certaine sont mis en scène dans des reconstitutions plus vraies que nature, comme celle d'un campement américain ou encore celle d'un dortoir dans les tranchées. Comme si on y était.

Qui est J-P Verney ?

C'est en 1971 que le collectionneur autodidacte commence à rassembler ses premiers objets. Son premier projet d'exposition était d'acheter un Fort à Pontardy en 1974, « je me refusais de la vendre aux enchères, elle était déjà trop structurée pour être dispersée, raconte-t-il, alors je me suis dis que si je n'avais pas trouvé qu'acquéreur à mes 60 ans, je la céderais à un musée ». Alors que Berlin et les Etats-Unis étaient intéressés par sa collection, il rencontre de Jean-François Copé qui lance la réalisation de ce projet.