Centres de rétention : « On nous traite comme des bêtes »

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Hormis les parlementaires, quasiment personne ne peut visiter les centres de rétention. La Cimade, une des rares associations à pouvoir y mettre les pieds, parle à leur propos de « violence », d'« inhumanité ». Et décrit celui de Vincennes (Val-de-Marne), l'un des deux plus grands de France, comme un concentré de ces maux. Hier, 91 des 130 personnes qui y séjournent en attendant d'être expulsées ou relâchées ont poursuivi une grève de la faim entamée lundi.

« On nous dit que nous sommes retenus, mais je ne vois pas la différence avec des détenus », explique Victor, un Camerounais de 20 ans arrivé en France il y a cinq ans et dont la fille vit ici. On a de l'eau chaude tous les deux jours, ça pue partout. Je n'ai pourtant ni volé ni tué. On pète les plombs et on veut que le monde extérieur le sache. » Victor enrage : « On demande juste qu'ils prennent le temps d'examiner nos dossiers et qu'ils ne nous traitent pas comme des bêtes ». Selon la Cimade, une vingtaine de ces étrangers seraient admissibles au titre de séjour ; les autres ont souvent des attaches familiales en France. En vue de multiplier les expulsions, le ministère de l'Intérieur a prévu d'augmenter en juin les capacités d'accueil du centre. Mais pas d'en améliorer les conditions.

Michaël Hajdenberg

Depuis 2003, les clandestins peuvent rester 32 jours dans un centre de rétention. 50 % d'entre eux sont expulsés. Les autres sont relâchés, faute d'accord du pays d'origine.