La ligne 1 devient automatique

Hélène Colau

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Dans les nouvelles rames, la cabine du conducteur laisse place à une grande vitre près de laquelle on peut s'asseoir.
Dans les nouvelles rames, la cabine du conducteur laisse place à une grande vitre près de laquelle on peut s'asseoir. — A. GELEBART / 20 MINUTES

A la place de la cabine du conducteur, une large baie vitrée s'ouvre sur les rails. Depuis hier, des navettes automatiques pilotées depuis un poste de commande centralisé sont testées sur la ligne 1 du métro, en alternance avec des rames classiques. Aujourd'hui, seuls quatre trains automatiques circulent, mais d'ici à la fin 2012, date à laquelle la ligne devrait être entièrement automatisée, ils seront 49. Le design intérieur a été revu au passage : les sièges revêtent des couleurs pimpantes. Les trains sont équipés d'une ventilation réfrigérée et d'écrans qui diffusent des informations sur le temps de trajet, les correspondances ou le sens de la descente. « Surtout, la capacité a été augmentée de 42 places, assure Pierre Mongin, PDG de la RATP. L'automatisation permettra aussi de réduire les intervalles entre deux trains de 105 à 85 secondes. » Une amélioration bienvenue sur cette ligne empruntée chaque jour par 725 000 personnes et donc souvent bondée aux heures de pointe.
Hier, les voyageurs de la ligne 1 ne semblaient pas avoir noté de changement. « Ah bon, il n'y a pas de conducteur, s'étonne Maria. Si on ne me l'avait pas dit, je n'aurais rien vu. » Tout à l'avant, deux jeunes hommes se pressent contre la vitre. Lorsque le métro débouche à l'air libre sur le pont de Neuilly, ils sortent leurs appareils photo. « C'est génial, on a l'impression de conduire », s'exclament-ils. Mais peu de voyageurs anticipent une vraie révolution dans leurs trajets quotidiens. « C'est vrai que si la régularité s'améliore, ce serait bien, admet Nora. Quand on attend trop longtemps sur le quai, il est parfois impossible de monter dans le métro. » Pour l'instant, tout n'est pas encore au point. Hier, alors que les trains se succèdent au rythme d'un toutes les quatre minutes, une navette automatique est annoncée huit minutes plus tard. « Ces prochains mois, nous allons évaluer le fonctionnement des nouvelles rames ainsi que les réactions des voyageurs », promet Philippe Mancone, le directeur de la ligne. En tout cas, les dirigeants croient à cette technologie. « On va aller vers l'automatisation d'autres lignes, a déclaré hier Jean-Paul Huchon, président (PS) du Stif, l'autorité organisatrice des transports. Même si on ne peut pas dire que ce sera toutes les lignes. »