Le violeur de Milly-la-Fôret raconte sa vie rythmée par la violence

JUSTICE Manuel Da Cruz accusé d'avoir tué une joggeuse en 2009, comparait aux assises d'Evry...

William Molinié

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Père alcoolique et ultra-violent: la cour d'assises de l'Essonne a examiné mercredi, au premier jour de son procès, le passé de Manuel Da Cruz, violeur récidiviste de 49 ans accusé d'avoir enlevé, violé et assassiné une joggeuse dans l'Essonne en 2009.
Père alcoolique et ultra-violent: la cour d'assises de l'Essonne a examiné mercredi, au premier jour de son procès, le passé de Manuel Da Cruz, violeur récidiviste de 49 ans accusé d'avoir enlevé, violé et assassiné une joggeuse dans l'Essonne en 2009. — Jacques Demarthon afp.com

L'allure insignifiante du petit homme au ventre bedonnant, cheveux et bouc noirs, contraste avec les sordides crimes pour lesquels il doit s'expliquer depuis ce mercredi devant la cour d’assises de l’Essonne à Evry. Manuel Da Cruz, 49 ans, est jugé pour l’enlèvement, la séquestration, le viol et l’assassinat de Marie-Christine Hodeau qu’il a kidnappée, jetée dans le coffre de sa voiture, ligotée puis étranglée le 29 septembre 2009, alors que la jeune femme faisait son jogging aux alentours de Milly-la-Forêt.

«Coureur de jupons»

Un calvaire d’autant plus cruel que l’accusé, père de quatre enfants, avait déjà violé neuf ans auparavant une de ses voisines, âgée alors de 13 ans, dans des bois à quelques kilomètres de là. Un crime pour lequel il a été condamné à 11 ans de prison.

La vie de Manuel Da Cruz, décortiquée ce mercredi à l’ouverture du procès, est jonchée de schémas marqués par la violence et l’alcool. Elevé au Portugal par ses grands-parents, il rejoint ses parents en France à l’âge de sept ans. Son père est alcoolique, le bat et terrorise la fratrie. Un soir de Noël, après avoir reçu des coups, il quitte le domicile à 17 ans et erre pendant un an. Il rencontre en boite de nuit la mère de son premier enfant. «Il me frappait. En rentrant de la maternité, il m’a forcée à avoir un rapport alors que j’avais subi une épisiotomie. C’était douloureux», témoigne-t-elle. De son côté, la famille de l’accusé le dépeint comme un «bon père, un homme qui a du coeur, serviable». Sa soeur aînée reconnaît qu’il «peut être violent». Lui même le dit. «On avait des engueulades, elle se prenait une gifle mais elle ne disait rien», raconte-t-il en parlant de sa troisième compagne, Maria, avec qui il a eu deux enfants. Décrit comme un «coureur de juppons», il n’hésite pas à forcer le trait en confiant à la cour qu’au maximum, il avait «huit maîtresses en même temps». Manuel Da Cruz reconnaît avoir tué et violé Marie-Christine Hodeau. Mais reste très évasif lorsqu’il s’agit d’expliquer ses actes. Pulsion sexuelle ou préméditation? Un témoin l’a vu rôder plusieurs jours auparavant autour du bois. L’étude des faits, à partir de demain, devrait permettre aux jurés de se forger un avis.