La Mie de pain referme jusqu'à l'hiver

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Le centre d'hébergement d'urgence de la Mie de pain (13e) et ses 442 lits ont fermé hier. Comme chaque année à la même époque. Le plus grand refuge de Paris, réservé aux hommes, ne servira plus ses 600 repas quotidiens, jusqu'à sa réouverture en octobre. Pourtant, « les études montrent clairement qu'on meurt plus l'été que l'hiver », rappelle Patrick Rouyer, directeur de la mission sociale de l'association Emmaüs.

La ministre déléguée à la Cohésion sociale, Catherine Vautrin, qui doit dresser aujourd'hui le bilan du plan hiver 2005-2006 en Conseil des ministres et devant les associations, a annoncé le 10 avril « un plan triennal pour améliorer l'hébergement » des SDF. Un budget de cinquante millions d'euros permettra la création de 5 000 nouvelles places d'hébergement ouvertes toute l'année. « Ce plan reconnaît que les places doivent être pérennisées, et constitue donc une sorte de réponse à nos demandes, explique Marc Gagnaire, directeur adjoint de la Fnars (Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale).

« Mais l'hébergement d'urgence reste un pis-aller, estime Patrick Rouyer. Il faudrait plutôt des logements, type “maisons relais”, pour réapprendre la vie sociale, retrouver un emploi, se réinscrire dans un parcours de vie. » En attendant, sans-abri et associations réclament une ouverture toute l'année de tous les centres d'hébergement. Les publics ont changé, avec plus de familles, plus d'enfants, plus de jeunes. « Il faut du temps pour adapter l'accompagnement à chacun. Or la logique qui prédomine aujourd'hui est celle de l'immédiateté », constate Marc Gagnaire.

Constance Badot

Pour Bertrand Delanoë, « il existe à Paris mille places d'hébergement d'urgence, qui pourraient rester ouvertes, à condition que le gouvernement débloque les financements ».