Réinsertion en sursis à Fresnes

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Le Quartier intermédiaire sortants (QIS) de la maison d'arrêt de Fresnes (Val-de-Marne), qui accueille les détenus pour préparer leur réinsertion, est en train de disparaître à petit feu. Depuis décembre, quatre de ses six employés, partis pour cause de retraite ou de mutation, n'ont pas été remplacés. « Une façon insidieuse de fermer une structure faute de combattants, mais sans l'annoncer », analyse Christiane de Beaurepaire, psychiatre et chef du service. La raison : le ministère de la Santé, qui finance ce service depuis quinze ans, a décidé de ne pas reconduire son budget en 2007. Ses employés ont appris la nouvelle « de manière informelle lors d'une visite à l'hôpital Paul-Guiraud de Villejuif », dont ils dépendent. Le directeur de cet établissement n'était pas joignable hier.

« Nous recevons deux cents personnes par an, pour des recherches de logements, pour mettre en place une formation ou pour organiser un suivi médical », raconte Jocelyne Moulin, éducatrice. « L'argument du ministère est de dire que comme 1 000 personnes en auraient besoin, le QIS est un luxe », s'indigne Christiane de Beaurepaire. Pourtant, les résultats sont là : les détenus qui passent par le QIS récidivent deux fois moins que ceux qui n'en bénéficient pas. Et les services sociaux pénitentiaires « ont des effectifs trop minces pour jouer un tel rôle. Il y a un travailleur social pour cent détenus. Cela permet au mieux d'avoir un ou deux entretiens, rien de plus », ajoute Paul Rosner, un éducateur en formation.

Magali Gruet

Le projet de Quartier intermédiaire sortants a été lancé de façon expérimentale à Fresnes puis dans six autres établissements à travers la France. Tous ces QIS ont ensuite été fermés par le ministère de la Santé.