Belleville s'offre « la Tournée »

Hélène Colau

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Deux fois par jour, les livreurs viennent collecter les colis chez les commerçants adhérents.
Deux fois par jour, les livreurs viennent collecter les colis chez les commerçants adhérents. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Arnaud gare son chariot sur le trottoir et entre dans la boutique. « Bonjour, vous avez quelque chose pour moi aujourd'hui ? » La vendeuse lui remet un bouquet de fleurs ainsi qu'un bordereau avec l'adresse, le code et le téléphone du client. Arnaud le place dans son chariot et continue sa tournée. La Tournée, c'est justement le nom du nouveau service de livraisons « de mon commerçant à la maison » mis en place dans le quartier des Hauts de Belleville (19e et 20e). « L'idée nous est venue de Bombay, se souvient Bernard Liscia, l'un des fondateurs de l'Association pour une logistique urbaine durable, qui porte le projet. De nombreux services n'existent plus en Europe en raison du coût du travail. En mettant la livraison à 2,40 €, elle devient accessible à tous. On peut ainsi créer de nouveaux emplois. »

« Peu cher et écolo »
Bouchers, fromagers, supérettes, pharmacies… Pour l'instant, une trentaine de commerçants ont adhéré à la Tournée. « C'est un service peu cher à proposer à nos clients, et en plus c'est écolo », apprécie Christelle, fleuriste. Deux fois par jour, le matin et le soir, les livreurs viennent collecter les achats effectués sur place ou par téléphone et les portent aux clients. Des retraités, des personnes malades ou tout simplement des actifs très occupés. « Comme j'ai trois jeunes enfants, ce n'est pas facile de se déplacer, explique Sophie. La Tournée m'évite de faire la queue et en plus, les livreurs sont charmants ! » Pour l'instant, la Tournée en emploie quatre, en CDI. Des habitants du quartier qui avaient du mal à retrouver un emploi, comme Massiwa, récemment arrivée en France, « heureuse d'avoir trouvé un travail compatible avec l'éducation de [s]es enfants. » Et ce n'est qu'un début. « Si nous trouvons 700 clients, nous généraliserons la Tournée à tout Paris, promet Bernard Liscia. D'ici à trois ans, on voudrait créer 1 000 à 2 500 emplois. Et si d'autres villes veulent nous imiter, nous les aiderons volontiers. »