En mémoire du Paris-Opéra

©2006 20 minutes

— 

Un an après le drame, trois cents personnes sont venues commémorer samedi la disparition de vingt-cinq personnes (dont 11 enfants) lors de l'incendie de l'hôtel Paris-Opéra (9e). Brassards noirs et roses rouges à la main, amis, voisins des victimes ou membres d'associations ont défilé silencieusement de la mairie jusqu'au 76, rue de Provence, derrière les photos des disparus. Leurs noms et leurs âges ont été lus, ponctués par les sanglots de certaines familles. Omar Ikhlef, vice-président de l'association des victimes, a rappelé que deux autres incendies avaient eu lieu les 26 et 29 août derniers, faisant 17 et 7 morts dans des immeubles insalubres. Il a salué le fait que les familles aient été relogées et que presque toutes aient été régularisées, mais pointé une prise de conscience « de courte durée : les marchands de sommeil continuent à mettre en danger la vie de pauvres gens en toute impunité. Rien n'a vraiment changé. »

Rue Sedaine (11e), par exemple, les habitants de l'hôtel de Bourgogne, toujours en attente d'un relogement, paient des loyers de 1 400 euros pour 9 m2, dont la majeure partie est prise en charge par les collectivités. Le préfet a signalé des risques dans l'immeuble, ordonné sa fermeture, mais n'a prononcé aucune obligation de relogement. « Une responsable nous a expliqué que deux hôtels du 19e étaient plus pourris qu'ici et qu'ils relogeraient ces gens-là d'abord, et qu'après ce serait notre tour », explique Oumou, sans papiers depuis son arrivée du Mali en 1996.