Kennedy en danger de mort à Thoiry

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Un bison approche, Omaha grogne. Son bébé Kennedy, un ourson de trois mois, tente de grimper à un arbre. Elle le pousse pour l'aider. Fausse alerte : Omaha a juste voulu lui faire peur, lui apprendre à se méfier. Dans le parc de Thoiry (Yvelines), le danger ne vient pas des bisons, mais des ours eux-mêmes. Une vingtaine de baribals (ours noirs d'Amérique du Nord) y cohabitent en semi-liberté. Et derrière chacun d'entre eux se cache un possible prédateur, un Lee Harvey Oswald en puissance. Omaha ne pouvant garantir la sécurité de son enfant, le personnel du parc a pris des mesures de sécurité. Des fils électriques ont été installés autour de la tanière où Kennedy, tel John John sous le bureau de son père, se réfugie sous les pattes de sa mère.

« Cela faisait environ quatre ans que Thoiry n'avait pas vu naître d'ourson. Récemment, certains ont été tués juste après la mise à bas. Alors on fait tout pour protéger Kennedy, car une naissance en captivité est rare et précieuse », explique Eric de Leusse, chef animalier. Ce n'est pas par faim que les ours attaquent – ils sont abreuvés de poissons et de fruits – mais guidés par leurs pulsions. Et même le père de Kennedy est un danger : « Il n'y a pas de sentiment de paternité. Le père ne sait pas qu'il est père. Il ignore les effets de la copulation. » Les plus dangereux sont les jeunes de 2 ou 3 ans, « plus téméraires, rapides comme des chiens, grimpant en quelques secondes ». Dans trois mois, Kennedy saura les fuir. Les fils électriques seront enlevés, et il pourra partir gambader. En toute tranquillité ou presque.

Michaël Hajdenberg

Les baribals, moins dangereux que les autres ours, peuvent être observés depuis une voiture. Le ticket coûte 21,50 e pour les adultes et 14,80 e pour les moins de 12 ans. Il donne accès à d'autres visites.