Des étudiants séduits par la douceur de vivre de la capitale

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Xin Qiang (en haut) et Feifei vont passer un an et plus si affinités à Paris.
Xin Qiang (en haut) et Feifei vont passer un an et plus si affinités à Paris. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Pantalon à la mode, Converse aux pieds et sac en bandoulière, Feifei, 27 ans, a tout de l'étudiante parisienne. Pourtant, elle est arrivée du Wuhan, « à peu près au milieu de la Chine », il y a trois semaines seulement. Elle ne parle pas un mot de français. Pas la peine puisque son cursus, un master d'affaires publiques à Sciences-Po, est entièrement en anglais. Pour suivre ce programme international, elle avait le choix entre New York et Tokyo. Après un an à Singapour, c'est pourtant Paris qu'elle a choisi. « Je pense que c'est une ville plus adaptée aux femmes, glisse-t-elle. New York est très speed. Ici, il y a un vrai art de vivre, un meilleur équilibre entre travail et vie personnelle. » Feifei admet que pour l'instant, elle fréquente surtout d'autres étudiants étrangers, mais elle a commencé des leçons de français.
Paris est-il à la hauteur de l'image qu'elle en avait ? Mieux que ça, apparemment. « C'est vraiment super et les rumeurs que j'avais entendues à propos des Parisiens ne sont pas vraies. On m'avait par exemple dit qu'ici, les gens faisaient semblant de ne pas parler anglais. Mais quand je me suis perdue en ville, on est venu m'aider. » Bien sûr, tout n'est pas rose. Le coût de la vie est par exemple un obstacle. « J'ai des amis chinois qui voulaient louer une maison à plusieurs, ils ont dû y renoncer. »
Boursière, Feifei s'estime heureuse d'être logée à la Cité internationale, tout comme Xin Qiang, 22 ans, originaire de Shanghai. Le jeune homme, inscrit à Chimie ParisTech, s'exprime dans un français correct. Difficile de croire qu'il s'y est mis il y a six mois seulement. Très timide, il dit que ce qu'il aime à Paris, c'est que « c'est une ville très romantique », sans réussir à préciser sa pensée. Et puis « la France a une très bonne réputation en Chine pour ses formations d'ingénieur ». Xin Qiang aimerait s'y installer une fois ses études achevées : lui aussi trouve qu'à Paris, « la vie est plus lente ». Comme 30 % des jeunes Chinois qui étudient dans un pays étranger s'y installent par la suite, ça n'aurait rien d'incongru, souligne-t-il. « Le problème, c'est que l'administration n'est pas efficace, c'est très long pour obtenir le moindre papier », sourit-il. Xin Qiang dit s'être fait des amis français, des camarades d'école. Mais lui non plus ne sort pas vraiment le soir. Les loisirs, ce sont plutôt des visites au Louvre ou à Versailles. « Ça prend du temps de bien connaître la ville », souffle-t-il, l'air un peu perdu. De toute façon, pour lui, ce sont les études avant tout.H. C.