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Paris

Péril en la demeure d'artistes

La Villa des arts se vide de ses âmes. Hier, cette cité vouée à la création depuis sa construction en 1890 comptabilisait le onzième départ de locataire

La Villa des arts* (18e) se vide de ses âmes. Hier, cette cité vouée à la création depuis sa construction en 1890 comptabilisait le onzième départ de locataire. Sa cascade de verrières, son escalier en fer forgé et ses 45 ateliers ont été rachetés en septembre 2005. Un promoteur, la société Transimmeubles, a décidé de transformer ces grands volumes en lofts de luxe, pour les louer ou les revendre à la découpe. Pour les artistes, le temps des loyers modérés (par exemple : 1 000 e pour un atelier de 90 m2) est révolu.

« Il est scandaleux de voir se dilapider ce patrimoine culturel et architectural où d'immenses artistes tels que Renoir, Toulouse-Lautrec ou Cézanne ont vécu et habité », déplore Ricardo Suanes. Le plasticien est devenu le représentant de l'Amicale des arts, association créée pour voir « corrigée cette erreur de la Ville qui n'a pas préempté quand elle aurait pu ».

La mobilisation des locataires commence à payer. « Transimmeubles s'est engagée, le 24 mars, à étudier une proposition de rachat », assure Christophe Girard, adjoint (PS) à la Culture au maire de Paris. Reste à « trouver le montage financier et le mécène », qui investira les seize millions d'euros nécessaires. Ni la Ville ni la région ne sont prêtes à investir une telle somme. « Nous sommes optimistes sur l'aboutissement de cette transaction, qui pourrait même permettre de développer le caractère artistique de la villa », ajoute Christophe Caresche (PS), adjoint à la Sécurité au maire de Paris et député de la 18e circonscription.

Les départs ne cessent pas pour autant. « Transimmeuble propose des sommes trop alléchantes – de 20 000 à 85 000 e – pour être refusées par ceux qui ont le plus de difficultés financières », raconte Xavier Lucchesi, plasticien photographe. Contacté à plusieurs reprises, Transimmeuble n'a pas répondu à nos appels.

C.B.

*15 et 15 bis, rue Hégésippe-Moreau