A Paris, 32 peines de prison ferme après les manifs

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Le CPE est mort, pas ses effets. Selon certains, et au vu du retrait du texte, la justice aurait eu la main trop lourde. Une pétition lancée par le journal L'Humanité et signée notamment par Bruno Julliard (Unef) et Karl Stoeckel (UNL) exige ainsi l'arrêt des poursuites engagées contre des jeunes anti-CPE et l'amnistie des peines déjà prononcées. Les signataires dénoncent l'« acharnement répressif » et « les condamnations à la chaîne par les tribunaux ».

Des reproches que le parquet de Paris juge infondés, chiffres à l'appui. Le bilan daté du 11 avril fait état de 544 gardes à vue, parmi lesquelles 262 personnes (majeures et mineures) ont été déférées au parquet. Parmi les majeurs, 85 ont été jugés en comparution immédiate, c'est-à-dire pour les faits les plus graves. Parmi eux, 32 ont été condamnés à des peines de prison ferme, « qui ont généralement tourné autour de deux ou trois mois », les autres étant condamnés à du sursis ou à des travaux d'intérêt général. Au final, seulement 17 ont fait l'objet d'un mandat de dépôt, c'est-à-dire directement envoyés en prison. Le parquet décompte 16 relaxes, et décrypte ces chiffres comme une « réponse judiciaire nuancée ». Luc Barbier, membre de l'Union syndicale des magistrats, va plus loin : « On ne peut vraiment pas parler de justice d'abattage ou de répression à tous crins. Ceux qui sont jugés en comparution immédiate sont ceux qui ont fait plus qu'insulter ou jeter des bouteilles. Quand on condamne, ce n'est pas par amour de la répression. »

Michaël Hajdenberg