Les cours particuliers pour pallier le retard accumulé

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Rattraper le temps perdu. Pour Essia, comme pour une grande partie des lycéens franciliens, les semaines de lutte contre le CPE ont laissé des traces. « C'est un peu la panique », dit la jeune fille, en terminale S au lycée Charles-de-Gaulle de Rosny (Seine-Saint-Denis). Essia s'est donc inscrite à un stage intensif organisé par Acadomia, qui note une augmentation de 20 à 25 % de ses effectifs par rapport aux dernières vacances de Pâques. « J'avais trois heures de physique le mardi. Et tous les mardis, c'était grève générale. » Essia déboursera 190 e pour dix heures de cours, mais « quand tu passes le bac, t'as pas le choix ». Pendant le blocage, certains profs ont bien « organisé à l'arrache des cours dans le gymnase ». Avec des amis, ils se sont aussi réunis à la bibliothèque pour tenter d'avancer dans le programme. « Mais on est très en retard. » Paul, inscrit au même cours, prend aussi conscience de ses lacunes. « Il y a plein de choses que je n'ai pas vues », s'inquiète-t-il. Pour Sandrine Comte, qui dirige la structure, « on ne peut se substituer à l'éducation nationale et avancer dans le programme. On renforce donc ce qui a déjà été étudié. » Arnaud, qui aurait de toute façon fait le stage, raconte : « D'autres suivent des cours donnés gratuitement par des étudiants en médecine solidaires. » Preuve que la mobilisation est toujours générale. Seul le front a changé.

M. H.

Outre Acadomia, Complétude parle d'une augmentation de 80 % de ses cours particuliers et Keepschool, de 15 %.