six migrants mal logés tués par le feu

William Molinié et Hélène Colau

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Une fois l'incendie maîtrisé, les corps des six victimes ont été évacués hier en fin de matinée.
Une fois l'incendie maîtrisé, les corps des six victimes ont été évacués hier en fin de matinée. — A. GELEBART / 20 MINUTES

La ville de Pantin (Seine-Saint-Denis) est toujours sous le choc après l'incendie mortel survenu hier matin. « C'est la pire chose qui puisse arriver à un maire, dit Bertrand Kern, maire (PS) de la ville. Le pire, c'est que ça pourrait arriver dans toutes les villes de l'agglomération parisienne, partout où il y a des squats. Plusieurs maires m'ont appelé, ils sont très choqués. » Le drame d'hier a été particulièrement violent. Six jeunes hommes ont péri. Quatre autres ont été blessés. Parmi la vingtaine de squatteurs, des Tunisiens, des Egyptiens et des Libyens, certains avaient rejoint le bâtiment, qui appartient à la mairie, il y a deux ou trois jours. D'autres habitaient là depuis deux mois, après avoir été expulsés d'un parc porte de la Villette (19e).

Le mal-logement en cause
Le feu, dont l'origine semble être une bougie mal éteinte, s'est déclaré peu avant 6 h du matin. Et s'est rapidement propagé à tout le bâtiment qui devait être « détruit pour y construire des logements dont 36 % sociaux », souligne Philippe Bon, le directeur de cabinet du maire. La ville murait petit à petit le bâtiment ; les squatteurs se sont introduits par le dernier local encore loué. Les fenêtres obstruées ont compliqué le travail des pompiers. « Des gens ont été pris au piège et ont frappé contre les murs. On les entendait crier », raconte Henri, un des habitants qui a appelé les secours. Les survivants ont « sauté par les fenêtres » restées accessibles, précise Sylvie Moisson, la procureur de Bobigny. Elus et officiels se sont succédé sur les lieux du drame. « Ces locaux industriels étaient dangereux. C'est la conséquence directe très injuste d'une politique qui ne veut pas s'occuper du mal logement », s'indigne Claude Bartolone, président (PS) du conseil général. Le ministre de l'intérieur Claude Guéant, met quant à lui en cause les « réseaux d'immigrations clandestines ». « La ville va proposer un hébergement d'urgence aux survivants qui n'ont pas fui par peur de la police », promet le maire.