« Des expulsions coûteuses et inefficaces »

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Marie-Hélène Amiable

Maire PCF de Bagneux (Hauts-de-Seine).

Vous êtes convoquée aujourd'hui devant le tribunal administratif, suite à un arrêté municipal interdisant les expulsions locatives dans votre commune. Pourquoi prendre un tel arrêté, qui a de fortes chances d'être annulé ?

J'estime que la France du xxie siècle doit être en mesure de garantir un toit à tout le monde. C'est une question de justice. J'agis aujourd'hui pour les quarante familles balnéolaises qui risquent d'être expulsées. Je vous assure qu'un tel procédé est humainement très difficile à supporter.

Quelles alternatives apportez-vous à la procédure d'expulsion ?

Il faut aider les familles à rester dans leur logement, ou à trouver un loyer plus abordable. Le fonds de solidarité logement, par exemple, devrait être développé. Un accompagnement social est également nécessaire, pour aider les parents à retrouver un emploi et pour sortir la famille de sa situation de précarité.

Ces mesures ne coûteraient-elles pas plus cher à la collectivité qu'une expulsion ?

Au contraire. Les foyers d'hébergement d'urgence étant saturés à Paris, les familles expulsées sont relogées dans des hôtels. Même si ces conditions d'hébergement sont souvent à la limite de la salubrité, elles coûtent cher aux services sociaux. D'autant que ces situations s'éternisent, puisqu'il est plus difficile pour une famille de faire accepter à un bailleur un dossier comprenant une expulsion. Le système de l'expulsion est inefficace pour les familles et fort coûteux pour la société.

Recueilli par Constance Badot