« La vidéoprotection n'est plus taboue aujourd'hui »

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« Un bon nombre de collectivités locales viennent nous voir », confie Marie Jason, la directrice marketing du salon. Avec les établissements publics, les hôpitaux, ou encore les musées et les entreprises, elles représentent 63 % des visiteurs. Pour la première fois en France, en juin dernier, deux villes voisines mais sans rapport d'intercommunalité du Val-d'Oise (Franconville et Sannois) se sont associées dans un projet commun de vidéoprotection. Soixante caméras balayent 24 h/24 les axes reliant les deux villes. Une façon de mutualiser les coûts. « La vidéoprotection n'est plus taboue aujourd'hui. Culturellement, elle se généralise. En revanche, ce qui peut bloquer les villes, ce sont les coûts et la complexité des réseaux de surveillance », explique Rémi Fargette, directeur général de l'association nationale de la vidéoprotection. Dans un rapport de juin dernier, la Cour des comptes, qui évaluait l'organisation et la gestion des forces de sécurité publique, a pointé du doigt le coût et surtout l'efficacité de la vidéosurveillance. Pour convaincre toutes les collectivités, il faudrait « améliorer les systèmes et faire travailler les villes entre elles », poursuit Rémi Fargette. « Les maires des villes voisines peuvent avoir du mal à s'entendre sur cette question. Ils veulent garder pour eux le bénéfice politique de la décision d'équiper sa ville en vidéoprotection. Ou tout simplement, ils s'opposent catégoriquement à la présence de caméras dans les rues », poursuit Rémi Fargette. A Montreuil (Seine-Saint-Denis), même si des caméras et des détecteurs de présence protègent les bâtiments publics, la mairie verte refuse de développer son système de vidéoprotection. « On ne veut pas de caméras sur la voie publique. Nous préférons mettre des agents dans la rue. Il faut combiner les solutions », estime Véronique Bourdais, adjointe à la tranquillité publique de la ville de Montreuil.W. M.

1 106 caméras

Le plan de vidéoprotection pour Paris prévoit d'installer 1 106 caméras en plus dans les rues de la capitale. Les travaux dans les commissariats et sur la voie publique ont déjà commencé. Avant fin décembre, 25 % du dispositif sera fonctionnel. Il sera situé dans les zones les plus sensibles de Paris : Châtelet, Champ-de-Mars, Butte Montmartre… Au final, 2 500 policiers vont devoir être formés jusqu'en février pour utiliser ces images. Ces dernières pourront être conservées pendant trente jours. Le déploiement définitif est prévu pour le 21 juin 2012.