Souriez, vous êtes filmés !

William Molinié

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Les sociétés développent des produits alléchants pour attirer les clients les plus réticents à la vidéoprotection.
Les sociétés développent des produits alléchants pour attirer les clients les plus réticents à la vidéoprotection. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Des caméras à chaque stand et votre tête tous les deux mètres sur des écrans télé. Bienvenue au salon APS Sûreté et Sécurité qui se tient jusqu'à demain à la porte de Versailles (15e). Les 121 exposants (40 % de plus que la dernière édition) s'attellent à vendre leurs systèmes de vidéoprotection. Le marché, estimé à 14,1 milliards d'euros, est en pleine expansion et a trouvé sa cible : entreprises, collectivités locales, hôpitaux, musées… Les sociétés ont revisité le marketing autour de leurs produits. Désormais, on parle de « caméras intelligentes », elles sont plus ergonomiques, se fondent aisément dans le mobilier urbain et diffusent des images en haute définition. « En trois ans, les technologies ont beaucoup évolué », estime un cadre commercial d'Aasset Security, une société qui a fourni une partie des 1 000 caméras du plan de la préfecture de police (lire ci-dessous).

Les images en direct sur l'iPad du maire. Etonnant produit que propose 4 G Technology. Une caméra mobile envoie en temps (presque) réel des images par le système 3 G des opérateurs existants. Pas besoin de faire des travaux de voirie, la caméra se fixe en vingt minutes seulement. Les images sont diffusées sur une tablette électronique. « Le maire ou le commissaire peuvent gérer une crise en temps réel », argumente la société. Son prix ? 8 000 € par an.
Un robot pour garder les entrepôts. Gostai Jazz est un robot d'un mètre de haut. Il se déplace, tourne sur lui-même, repère les intrus et alerte à distance. « Dans les entreprises, les salariés lui donnent un nom, ils se l'approprient. C'est pour ça qu'on l'a humanisé mais pas trop car il ne faut pas qu'on pense qu'il remplace les employés », raconte Ségolène Roche de Gostai. Le robot, en mode automatique, se balade tout seul grâce à des capteurs. Il fonctionne en Wifi et dispose de 5 heures d'autonomie. Compter entre 8 500 et 15 000 €. Pour l'heure, une vingtaine de produits ont été vendus, principalement en Ile-de-France.

Reconnaissance faciale et veineuse.
Placez votre tête ou la paume de votre main face au lecteur. Entrez. Zalix, spécialiste de la biométrie lance de nouveaux produits qui écartent la psychose autour des données biométriques. « C'est une photographie du système veineux. Il n'y a pas de risque de laisser des traces quelque part puisque c'est à l'intérieur du corps », argumente Alain Choukroun, le fondateur de Zalix. « Les sociétés préfèrent ça aux empreintes digitales. C'est moins marquant et psychologique », poursuit-il. Mais il coûte deux fois plus cher, soit 2 600 €.