Premier culte tendu à la caserne de Clignancourt

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L'affluence a été telle, vendredi, que le nouveau lieu de culte n'a pas suffi.
L'affluence a été telle, vendredi, que le nouveau lieu de culte n'a pas suffi. — Photos : V. WARTNER / 20 MINUTES

A peine la prière a-t-elle commencé, ce vendredi, dans l'enceinte de l'ancienne caserne de la porte de Clignancourt (18e), qu'un groupe d'une vingtaine d'islamistes radicaux pénètre en scandant « Allah akbar » (Dieu est le plus grand). Sous les yeux des policiers en civil, plusieurs fidèles s'insultent, vitupèrent, se bousculent. « Vous êtes des vendus. On n'est pas des moutons, on refuse de prier dans une caserne désaffectée », s'insurge Abou, qui se réclame du groupe radical Forsane-Alizza. La prière est interrompue. Elle ne reprendra qu'une demi-heure plus tard, quand les esprits seront calmés.

Un millier de fidèles prient dehors
Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a fait mettre à disposition des fidèles qui prient d'habitude dans la rue ce bâtiment pouvant accueillir 2 700 personnes. Mais les 4 000 musulmans venus pour l'occasion (2 000 selon la police) n'y trouvent pas tous place. Près d'un millier sont contraints de déplier des tapis de prière sur le parking. « Ce n'est pas assez grand, mais c'est quand même mieux que de prier dans la rue. Au moins, on n'embête pas les riverains », estime un fidèle. Moussa Niambélé, l'imam de la mosquée de la rue Polonceau, regrette l'intrusion des mécontents. « Ils ont essayé de perturber la prière. Ils se réclament de la rue Myrha, mais je crois qu'ils étaient là pour faire un scandale devant les caméras » A l'entrée, on s'agrippe toujours. « Ce site n'est pas une solution définitive. On veut un lieu de culte digne de ce nom », crie un manifestant, le poing levé. « Tu n'es pas content ? Tu penses que tu n'es pas libre de prier correctement ? Eh bien va en Egypte, en Syrie ou en Arabie Saoudite », lui répond un fidèle qui tente en vain de se recueillir. « La semaine prochaine, il faudrait demander l'aide de quatre ou cinq policiers. On ne va pas recommencer ce cirque tous les vendredis », glisse un membre du service de sécurité.William Molinié