« Parfois, on se dit que les gens n'ont pas compris notre métier »

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Ces deux sapeurs-pompiers de Port-Royal (14e) regrettent les appels abusifs.
Ces deux sapeurs-pompiers de Port-Royal (14e) regrettent les appels abusifs. — A. GELEBART / 20 MINUTES

A gauche, l'adjudant-chef Jocelyn, 21 ans de bouteille. A droite, le première classe Fabien, 4 ans de service. Ces deux pompiers de la caserne de Port-Royal (14e) n'ont pas la même expérience. Mais tous deux reconnaissent que les appels abusifs minent leur quotidien. L'année dernière, les pompiers ont reçu 1,3 millions d'appels de secours qui ont généré 500 000 interventions. « Il y a donc 800 000 appels qui ne sont pas de notre ressort », estime le général Gilles Glin, commandant de la BSPP. « Quand on se déplace pour un bobo, on a l'impression que les gens n'ont pas compris notre métier », regrette Fabien. Son chef est moins catégorique. « La victime a l'impression d'être dans une situation d'urgence. A nous de faire preuve de pédagogie », poursuit Jocelyn. Pour faire face à la recrudescence des appels abusifs, la brigade a ouvert un nouveau centre opérationnel avec une augmentation du nombre d'opérateurs, ce qui devrait « générer un meilleur tri des demandes ». Reste enfin à agir sur les mentalités. « On est victimes de notre succès. Dès que les gens ont un problème, ils appellent les pompiers. On arrive rapidement et en plus c'est gratuit. »W. M.