Pompiers, des secouristes à tout faire

William Molinié

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Au centre de secours de Pantin (93), le quotidien réglé comme une pendule est entrecoupé par les interventions.
Au centre de secours de Pantin (93), le quotidien réglé comme une pendule est entrecoupé par les interventions. — Photos : Alexandre GELEBART / 20 MINUTES

1910 L'incendie de l'ambassade d'Autriche fait une centaine de morts. Napoléon y perd des membres de sa famille et des amis.
18 septembre 1811 Création par Napoléon du bataillon de sapeurs-pompiers de Paris.
1868 Le caporal Thibault réussit à sauver plusieurs personnes en un temps record avec son échelle à crochet lors d'un violent incendie rue du Faubourg Saint-Antoine (4e). Il devient une légende vivante.
1895 Mise en place de la planche à rétablissement, baromètre de la forme physique du pompier.
1903 Incendie de la station de métro Couronnes, 84 morts.
1910 Lors d'une crue exceptionnelle de la Seine, les pompiers sauvent 643 personnes de la noyade.
1942 La devise, « Sauver ou périr », est officiellement adoptée.
1967 La brigade intervient désormais en petite couronne.
1985 Les sapeurs-pompiers de Paris remplacent police-secours pour le secours à victimes.
1990 Premiers caillassages et agressions à Montfermeil (93).
2002 Cinq pompiers périssent au cours d'une intervention lors d'un incendie à Neuilly-sur-Seine. Un bilan sans précédent.
2005 Incendie de l'hôtel Paris-Opéra, 25 morts dont 10 enfants.Depuis leur création par Napoléon il y a 200 ans, les sapeurs-pompiers de Paris n'ont pas changé de devise, « Sauver ou périr ». Mais les missions ont évolué. 20 Minutes a partagé leur quotidien, rythmé entre une préparation drastique au pire des scénarios catastrophes et des interventions au contact de la détresse sociale des habitants. Reportage au centre de secours (CS) de Pantin, dans le 93.

18 h 17. Un SDF alcoolisé vient de tomber, aux abords du périphérique. Il s'est ouvert le crâne. « Même s'il ne veut pas monter, nous nous devons de l'accompagner aux urgences. Qui d'autre le ferait ? », fait remarquer le chef d'équipe.

18 h 57. Un feu de balcon se déclare dans une résidence, mobilisant 45 pompiers. L'accès au foyer est difficile. L'opération se déroule sous les yeux des habitants. « On vous doit beaucoup », lâche Alain, 58 ans, sauvé d'un infarctus par les pompiers il y a dix ans.

20 h. A la caserne, le dîner est prêt. Le cuistot se fait chambrer pour ses lasagnes aux allures de gâteau de pâtes.

20 h 2 5. Un feu de poubelle interrompt le dîner. Toutes les précautions d'usage sont prises pour l'éteindre. « Il n'y a pas de petites interventions. Il faut se méfier d'une éventuelle bombonne de gaz », souligne un porte-parole.

22 h 30. Un homme de 34 ans a du mal à respirer. A l'arrivée des secours, l'individu va mieux. « Il s'écoute trop parler », raille un pompier.

23 h. Le rythme s'apaise. Le standardiste ne tardera pas à s'assoupir dans une chambre reliée au centre d'appels.

7 h 15. Les enfants des officiers, qui habitent sur place, partent à l'école. Pour les militaires du rang, c'est footing dans le quartier puis pompes et abdos… La matinée est dédiée à la formation et à l'entraînement.

11 h 35. Alerte au gaz dans une cité de Bobigny. Une heure plus tôt, un enfant de trois ans est tombé du 2e étage d'un immeuble. Il est dans le coma. Pas de rapport avec la fuite de gaz mais le quartier est secoué. Les pompiers sécurisent le site.
15 h 27. C'est reparti pour une femme qui déclare des fourmillements dans le bras. Elle a du mal à respirer. Le caporal Loïc appelle un médecin qui préconise de l'emmener aux urgences. Ce qu'elle refuse. La jeune femme est conduite à l'hôpital, contre son gré.

16 h 40. Une vérification des véhicules est programmée. « On ne nous laisse jamais tranquille », grommelle Julien, 9 ans de service. L'adjudant David Rohat, le patron du CS de Pantin, estime de son côté que « le rythme est correct. On a le temps de faire les choses. Il faut le prendre ». Certains pompiers enchaîneront soixante-douze heures de garde.

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