le drame d'auriol au tribunal

Hélène Colau

— 

Le pyromane n'a pas été identifié.
Le pyromane n'a pas été identifié. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Tous les protagonistes de l'incendie du boulevard Auriol (13e), qui avait coûté la vie à 17 personnes dont 14 enfants en 2005, étaient réunis hier au tribunal correctionnel de Paris. Tous sauf le pyromane, jamais identifié bien que le sinistre soit vraisemblablement volontaire. Le feu aurait pris dans des poussettes entreposées sous l'escalier de cet immeuble vétuste, géré par une association, Freha. Il se serait ensuite propagé aux étages par la cage d'escalier, recouverte de contreplaqué.

Travaux « dans l'urgence »
A défaut de coupable, hier, il y avait des responsables sur le banc des accusés. D'abord, celui de la société qui a posé le contreplaqué en cause dans la propagation de l'incendie. Ses arguments : « il y avait urgence » et « c'était provisoire ». « Il fallait rapidement recouvrir les murs à cause de risques de saturnisme. L'immeuble devait ensuite être réhabilité. » Le risque d'incendie, « il n'y a pas pensé », répond-il, piteux, au procureur qui l'accuse de légèreté. Puis vient à la barre Jacques Oudot, responsable de Freha. « Nous sommes profondément meurtris », attaque-t-il. Puis il décrit son impuissance, à l'époque, à faire face aux travaux nécessaires dans cet immeuble, offert par l'Etat pour loger des familles qui squattaient un terrain. « Qu'est-ce qu'il fallait faire ? Personne ne voulait loger ces familles le temps des travaux », dit-il, la tête basse. Fin des audiences le 30 septembre.