Le bourreau de Chahrazad pourrait s'être enfui à l'étranger

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« L'enquête suit son cours, c'est ce que me répond la brigade criminelle chaque fois que je les appelle », raconte Abdelaziz, le frère de Chahrazad. Elle suit son cours mais rien n'indique qu'elle soit sur le point d'aboutir. D'après les éléments dont nous disposons, l'hypothèse la plus probable est que l'agresseur de Chahrazad a fui à l'étranger juste après le drame. « La police cherche à savoir dans quel pays il se trouve, mais il n'y a pour l'instant de trace nulle part », explique Samia Meghouche, l'avocate de la victime. Le jeune homme pourrait s'être enfui au Pakistan, d'où il est originaire. Mais aussi en Italie ou en Angleterre, grâce à des soutiens dans sa famille élargie.

« On a un sentiment d'injustice quand on voit la différence de traitement entre l'affaire Ilan et celle de Chahrazad », lance Abdelaziz. « Peut-être parce qu'on est musulmans et pas juifs », ajoute-t-il. Abdelaziz aimerait au moins être tenu informé régulièrement. Il a même l'intention d'appeler au palais de l'Elysée, puisque le Président avait téléphoné aux parents juste après les faits.

Ni putes ni soumises, qui lutte contre les violences faites aux femmes, n'a pas pris beaucoup de nouvelles non plus, selon la famille. L'association avait mobilisé des centaines de personnes et les médias lors d'une grande marche de soutien à Chahrazad. Depuis, silence radio. L'agresseur court toujours et l'entourage de Chahrazad se demande si un portrait-robot diffusé rapidement n'aurait pas permis de l'arrêter avant qu'il ne fuie.

Sophie Caillat

Prénommé Amir et âgé d'environ 25 ans, le jeune homme qui a tenté d'immoler par le feu Chahrazad le 13 novembre dernier était un de ses collègues. Etudiante en bac professionnel, elle l'a côtoyé lorsqu'elle effectuait des stages dans un magasin de vêtements de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis).