Voyager moins cher en autocar

William Molinié

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Depuis la gare routière de Bagnolet, le ministre a lancé hier 150 nouvelles lignes de car.
Depuis la gare routière de Bagnolet, le ministre a lancé hier 150 nouvelles lignes de car. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Moins cher mais plus long. Cent cinquante nouveaux trajets en autocar à destination de 70 villes françaises ont été lancés hier par Eurolines, leader du transport privé en car. La gare routière internationale de Bagnolet (Seine-Saint-Denis) desservira seize villes de province : Angers, Bayonne, Bordeaux, Caen, Calais, Chalon-sur-Saône, Lens, Lyon, Nantes, Niort, Poitiers, Poitiers-Futuroscope, Rennes, Rouen, Saintes, Valenciennes.

Concurrence à la SNCF ?
Cette offre de transport est le fruit de la nouvelle législation européenne qui a ouvert à la concurrence les dessertes routières du pays par voie de cabotage (escales) sur des lignes transnationales. Autrement dit, un autocar partant de Paris pour Liège en Belgique aura le droit de s'arrêter à Valenciennes, débarquer des passagers et en reprendre. A condition de ne pas avoir plus de 50 % de voyageurs qui s'arrêtent sur le territoire français. Et de ne pas mettre en péril les transports publics. « Il ne s'agit pas de concurrencer [la SNCF] mais d'enrichir l'offre », assure le ministre des Transports, Thierry Mariani. Certes pour les longues distances, le trajet est moins cher et plus long en car. En revanche, sur les courts voyages, l'écart se resserre.
Exemple, un Paris-Rouen par la route dure environ 1 h 45 et coûte entre 8 et 12 €. En train, il faut compter en moyenne 1 h15 et 20 €. « On ne fait que remplir des lignes qui existent déjà. Et on s'adresse à une autre clientèle », argumente-t-on chez Eurolines. Principalement des jeunes, des étudiants et les foyers modestes. « J'ai pris mes billets car c'était pas cher. Mais c'est autre chose que le confort du train », reconnaît Benoit, 20 ans, à son arrivée hier à Bagnolet, après quatre heures de voyage. Cet étudiant en architecture a payé 43 € son aller-retour pour Bruxelles. « En train, j'en aurais eu pour le double », assure-t-il. De nouvelles dessertes pourraient être autorisées d'ici à la fin de l'année, a annoncé le ministre. Les premiers cars en service à destination de la province devraient partir demain.