Les proviseurs font de la résistance passive

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Les chefs d'établissement franciliens n'ont pas suivi hier le mot d'ordre lancé par Gilles de Robien mercredi. Le ministre de l'Education avait donné une « consigne orale » aux recteurs d'académie pour que les lycées soient « rouverts » dès le lendemain, avec un recours aux forces de l'ordre si nécessaire. Hier, sur les trente-six lycées parisiens (sur 110) perturbés, un seul a ordonné l'évacuation. Les élèves du lycée Fénelon (5e) ont été dispersés par les forces de l'ordre, sans incident.

Au lycée professionnel Condorcet, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), les professeurs ont répondu à cette « provocation du gouvernement ». « Deux profs ont rejoint les élèves à 5 h du matin, au cas où la police interviendrait, racontait hier Jean-Louis Lavazec, enseignant en lettres et en histoire. Cette présence aurait permis de temporiser la situation en cas d'intervention policière. » Mais la direction a décidé de ne pas faire appel aux forces de l'ordre. « Sans l'intervention de Robien, le blocage aurait cessé vers 10 h, comme d'habitude, raconte Benjamin Brillaud, 17 ans, élève de terminale. Quoi qu'il arrive, si les flics détruisent le barrage, on repassera derrière pour le reconstruire. »

Au lycée Lamartine (9e), l'ambiance est calme et bon enfant. « Des policiers sont passés nous voir ce matin. Ils nous ont juste demandé de ne pas faire de bêtises », s'amuse Mathieu, 15 ans, élève de seconde. Le barrage paraît symbolique puisque, si l'entrée principale est bloquée, une entrée secondaire, plus petite, laisse le passage libre aux élèves de terminale et aux collégiens. Le proviseur n'a pas non plus répondu à l'appel de Gilles de Robien.

Pauline Théveniaud et Constance Badot

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS) a estimé que le gouvernement avait « pris un risque irresponsable » en ordonnant la réouverture des lycées.