P'tits LU : un dernier paquet de résistants

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Leur nouveau local se situe à quelques mètres de la station de RER Evry-Bras-de-Fer. Un nom symbolique pour ces ex-salariés de l'usine LU de Ris-Orangis (Essonne), qui poursuivent leur lutte contre Danone. Il y a deux ans tout juste, leur usine fermait. La direction de la multinationale annonçait un plan de reclassement « Rolls-Royce », « une solution pour chacun des 412 salariés ». Pourtant, selon Farid Djitli, ancien délégué CGT, « entre 215 et 230 d'entre eux » pointent encore aux Assedic.

Hier, ils étaient une quinzaine, toujours aussi remontés, à s'être réunis dans leur local prêté par la mairie d'Evry. Car l'usine est morte, mais pas leur « combat ». Au milieu d'affiches appelant au boycott de Danone, ils continuent de se voir tous les jeudis, « évoquent des souvenirs » et « se tiennent informés de l'action judiciaire », en attendant une décision de la Cour de cassation.

Le biscuit ne passe pas et Hugo, 52 ans dont 23 chez LU, refuse les « miettes » : « On m'a proposé de travailler à Nantes avec une baisse de salaire de 30 %. Sauf que moi, j'ai des enfants, des crédits. » Danone annonce 93 % de reclassés, 80 % si on compte « ceux qui ont refusé l'accompagnement » proposé. Farid Djitli parle pourtant de « plan de déclassement, pas de reclassement. LU comptabilise les “mesures d'âge” qui, à la différence des préretraites, ne sont pas payées par l'entreprise mais par les Assedic. Et beaucoup des emplois trouvés ne sont pas pérennes ». Chez Danone, on dit ne « jamais avoir promis des emplois à vie ». Farid Djitli demande donc une expertise externe, impartiale. Danone la refuse, arguant qu'Ipsos en a déjà mené une jusqu'en juin 2004.

Michaël Hajdenberg

Jusqu'au 15 avril, des portraits des anciens salariés de l'usine LU sont exposés dans la galerie du Théâtre de l'Agora à Evry. Ils sont accompagnés de témoignages recueillis par Alexis Cordesse et Zoé Varié.